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	<title>Polémica Cubana</title>
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	<description>Points de vue francophones sur Cuba</description>
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		<title>Un article sur le livre : &#8220;Cuba, révolution dans la révolution&#8221;</title>
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		<pubDate>Wed, 15 May 2013 14:21:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Enrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Solidarité]]></category>
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		<description><![CDATA[Chueca Miguel, Negrete Karel, Pinós Daniel, Cuba, révolution dans la révolution, Paris éd. CNT RP, 2012, 325 p. 18 euros
Abondamment illustré, fortement documenté, le livre s’ouvre et se ferme sur deux contributions de Cubains de la revue Iztok, revue libertaire sur les pays de l’Est, dans les années 1980. Un hommage au passage sur la capacité anarchiste [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/Couverture.dernière1122.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-8616" title="Mise en page 1" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/Couverture.dernière1122.jpg" alt="" width="275" height="387" /></a>Chueca Miguel, Negrete Karel, Pinós Daniel, <em>Cuba, révolution dans la révolution</em>, Paris éd. CNT RP, 2012, 325 p. 18 euros</strong></p>
<p>Abondamment illustré, fortement documenté, le livre s’ouvre et se ferme sur deux contributions de Cubains de la revue <em>Iztok, revue libertaire sur les pays de l’Est</em>, dans les années 1980. Un hommage au passage sur la capacité anarchiste d’analyse des sociétés du socialisme réel (ou scientifique) bien avant que la majorité des léninistes voient imploser l’échafaudage de « <em>l’invincibilité de la direction bolchévique</em> » (avant-dernière phrase et citation de Staline, Histoire du PC de l’URSS en russe, 1939, réédition de 1945, p. 346).</p>
<p><span id="more-8615"></span>Cuba, visiblement suit la voie chinoise et vietnamienne (copie conforme de la Yougoslavie de Tito de 1950-1980) : pénétration en masse des multinationales et direction souple et rigide du Comité central du PC. Cela explique le plan de création terrains de golf et les cultures transgéniques, en symbiose avec le licenciement de plusieurs centaines de milliers de travailleurs et la pseudo liberté d’ouvrir des petites entreprises privées (le carcan bureaucratique et impositif encourageant en fait le travail au noir).</p>
<p>Le passé est synthétisé par le muselage rapide des syndicats et des oppositions sur les lieux de travail, le bannissement des homosexuels et d’autres opposants. Son essence est bien exposé par « <em>le vieux précepte identitaire de la culture juridique criolla [typiquement cubaine] : la ley se acata pero no se cumple [on respecte la loi mais on ne l’applique pas]</em> (p. 197). Je ne suis pas d’accord dans la mesure où la vie quotidienne des travailleurs bulgares (si proche de leurs frères soviétiques) sous le socialisme léniniste réel fonctionnait sur la même constatation, bien ressenti par ma nièce qui à l’âge de douze ans, en 1966, expliquait « <em>Quand je serais grande je me marierai avec un communiste ayant une voiture.</em> » Sage remarque de cette sociologue en herbe sur le fossé séparant les lampistes de la bourgeoisie rouge.</p>
<p>Les contestataires qui s’expriment dans « <em>Observatorio Crítico</em> » regroupent des libertaires, des écologistes, des artistes, des pédagogues et des communistes contestataires. Il s’en suit une richesse de positions : la dénonciation du racisme anti noir et la revendication d’une confrérie d’origine africaine pour aider les opprimés quelle que soit le couleur de leur peau (peut-être une influence de la culture malienne du XIII siècle de l’abolition de l’esclavage et de la guerre contre les esclavagistes). La défense de la chanson de protestation, l’opposition à un néo libéralisme à la sauce des Cubains de l’exil. La revendication de l’autogestion, comme Pedro Campos Santos (p. 207), reprise plus tard par le PC cubain, dans le sens que le PC de l’URSS donnait au mot en russe (une vague autonomie locale, ets assez conforme à l’équivalent du « self-governement » de l’empire britannique à la fin du XIX siècle). Le mot autogestion recouvre une vision plus horizontaliste pour Dmitri Prieto Samsónov (p.211) et c’est une quête (pp. 276-277) pour Karel Negrete.</p>
<p>André Bernard dans <em>Chroniques de la désobéissance et autres textes</em> (Lyon, 2012, 279 p., 16 euros) donne un extrait essentiel d’un dialogue avec Karel Negrete et Daniel Pinós. <em>La violence ce n’est pas notre moyen de lutte pour combattre un pouvoir qui, depuis notre enfance, nous rabâche que nous sommes les héritiers des guérilleros, des héros de la patrie. Il est évident qu’afin de transformer les choses, nous n’allons pas reproduire le modèle insurrectionnaliste de Fidel ou du Che. Si nous tentions de prendre les armes aujourd’hui, nous serions impitoyablement réprimés et condamnés à mort. Ce n’est que par le débat d’idées, avec des méthodes non violentes que nous y parviendrons.</em></p>
<p>La présentation du livre et l’intéressant débat qui s’en suivit sont sur ce lien : <em>http://www.dailymotion.com/video/xr6b4w_cuba-revolution-dans-la-revolution_news</em></p>
<p>Un livre riche et profondément actuel.</p>
<p><strong>Frank Mintz</strong></p>
<p><strong>(Fondation Pierre Besnard)</strong></p>
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		<title>Tout savoir sur la gauche révolutionnaire et libertaire à Cuba</title>
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		<pubDate>Tue, 14 May 2013 13:29:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Enrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[
Pour un socialisme participatif, démocratique, révolutionnaire et libertaire !
Découvrez le blog de l&#8217;Observatoire critique de La Havane :
http://observatoriocriticodesdecuba.wordpress.com
L&#8217;Observatoire critique de la Révolution cubaine est un vaste réseau qui inclut des militants de tendances diverses, socialistes démocratiques, libertaires, écologistes, non-violents, hackers, militants antiracistes, promoteurs culturels, rappers, activistes de quartiers et pédagogues libertaires. Ils sont parvenus à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/OC4.jpg"><img class="size-large wp-image-8603 aligncenter" title="OC4" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/OC4-1024x767.jpg" alt="" width="517" height="387" /></a></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Pour un socialisme participatif, démocratique, révolutionnaire et libertaire !</strong></p>
<p>Découvrez le blog de l&#8217;Observatoire critique de La Havane :</p>
<p><a href="http://observatoriocriticodesdecuba.wordpress.com  ">http://observatoriocriticodesdecuba.wordpress.com</a></p>
<p>L&#8217;Observatoire critique de la Révolution cubaine est un vaste réseau qui inclut des militants de tendances diverses, socialistes démocratiques, libertaires, écologistes, non-violents, hackers, militants antiracistes, promoteurs culturels, rappers, activistes de quartiers et pédagogues libertaires. Ils sont parvenus à coexister dans le respect de leurs différences. Malgré les difficultés inhérentes à l’existence d’un régime profondément autoritaire, les uns et les autres tentent depuis quelques années déjà de présenter une critique raisonnée du régime en place et d’œuvrer à ce que l’après-castrisme ne ressemble pas, ou ressemble le moins possible, à ces divers « modèles » – qu’on devrait, en toute rigueur, qualifier plutôt de « contre-modèles » – qui, en Russie, en Chine et ailleurs, ont remplacé les régimes abusivement et improprement appelés « communistes » par les porte-parole de l’ordre (capitaliste) établi.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-8599"></span><strong>PROJETS FAISANT PARTIE DE L’OBSERVATOIRE CRITIQUE DE LA HAVANE</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ahimsa</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le mot Ahimsa, en sanskrit, se traduit par le mot non-violence. Le projet cherche à faire connaitre le sens profond de la non-violence en tant que conscience et par extension en tant que comportement humain et civique. Il faut insister sur la nécessité de cette pratique et de ses applications : la non-violence comme alternative individuelle possible. La non-violence comme un élément indispensable à la fondation d’une société qui cherche un développement complet et harmonieux, et plus encore : comme la seule option existant pour la survie de l’espèce.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>BlackHat</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est une communauté unie par sa passion pour l’informatique et les sciences connexes. L’objectif est de collaborer afin de créer des documents d’information et des logiciels pour résoudre les difficultés et les problèmes liés aux nouvelles technologies. Ses objectifs sont d’aider à développer la culture informatique à Cuba, promouvoir et encourager la création d’applications utiles socialement, et d’éliminer les tabous liés aux questions de l’informatique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Confrérie de la Négritude</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le travail de la Confrérie de la négritude a été essentiel dans la critique du racisme à Cuba, en particulier après la dissolution de l’espace Color Cubano. Son activisme se traduit dans la création de différents espaces pour l’étude et l’analyse des questions raciales, les positionnements publics liées à ces questions, et la commémoration ou les hommages à des personnalités, des dates ou des événements communément passés sous silence ou oubliés dans la pratique et l’histoire officielle nationale. La défense des droits des hommes et des femmes noirs à Cuba fait partie de leur lutte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Esquife</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Projet de création, de promotion et de recherche culturelle ayant plus de 10 ans de travaux et qui édite un magazine du même nom, il publie des textes et de la musique de grande qualité, il est devenu un moyen de diffusion essentiel, avec une approche extrêmement démocratique, pour les auteurs cubains.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Groupe d’études culturelles “Notre Amérique”</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le groupe d’études culturelles “Notre Amérique” a été créé en avril 2007 par un groupe de jeunes intéressés par la sauvegarde du patrimoine indigène (indien et afro-cubain) sur le continent américain.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette aspiration, inhérente à tous les peuples originaires, est aujourd’hui déformée dans nos sociétés modernes, noyées par l’échec des « révolutions » et des « démocraties ». Elle représente pour nous un désir de décoloniser Cuba, l’Amérique et le monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Collectif est activement identifié avec la lutte des peuples indigènes pour revendiquer leurs droits, pour la conservation des ressources naturelles et la préservation de leurs cultures. Il est solidaire avec les luttes de tous les opprimés et de toutes les personnes déplacées. Nous partageons les conceptions autonomes et autogestionnaires, les initiatives libertaires qui partent de la communion avec la terre, l’idéal de justice sociale et de la transcendance. Le Groupe d’études culturelles « Notre Amérique » participe au débat actuel sur le présent et l’avenir de Cuba en essayant de faire reconnaitre le patrimoine autochtone en tant que source d’identité. Le collectif fait également partie d’un réseau horizontal de collectifs, associations et individus ayant des intérêts communs à Cuba et dans d’autres parties du continent.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le Garde forestier</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est un projet écologique qui a émergé à partir de la destruction d’un fromager centenaire à Saint-Augustin et de la déforestation croissante de la ville de La Havane. Depuis 2007, il édite un bulletin numérique du même nom qui dénonce les déprédations écologiques dans l’environnement urbain.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Garde forestier développe la réflexion sur l’environnement et participe à des actions de reforestation et d’éducation environnementale qui contribuent à une meilleure gestion des espaces verts. Le projet considère essentielle la « participation populaire » pour l’auto-libération.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chaire Haydée Santamaria</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La Chaire Haydée Santamaria (KHS) est un collectif de chercheurs en sciences sociales, d’universitaires, d’écrivains et de travailleurs de la culture, oùses retrouvent trois générations. C’est un espace ouvert, itinérant, pour la discussion, le partage des connaissances, la socialisation des expériences de création collective, la récupération des mémoires historiques liés aux expériences émancipatrices à Cuba et dans le monde.</p>
<p style="text-align: justify;">La Chaire se caractérise par l’angle critique avec lequel elle tente de résoudre les problèmes de la réalité cubaine du moment, elle conjugue le regard « macro » avec le regard« micro » et le débat théorique comportant des expériences et des activités culturelles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Salvadera</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Projet environnemental communautaire qui opère dans le quartier de Reparto Eléctrico. Il implique différents acteurs sociaux, comprenant des institutions gouvernementales, des ONG, des groupes autonomes, des enfants et des habitants du quartier.</p>
<p style="text-align: justify;">La protection des animaux et des plantes est la marque distinctive de ce projet, qui n’est pas séparé de l’analyse critique de la réalité dans laquelle il est inséré. Les échanges avec d’autres projets sont courants.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>SPD</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Socialisme participatif et démocratique. Collectif dédié à la réflexion et à l’élaboration des propositions pour un socialisme autogestionnaire, et à promouvoir des projets de ce type pour bâtir un avenir possible pour Cuba. Ses actions principales ont été la socialisation du texte « Propositions programmatiques pour un socialisme participatif et démocratique », et l’édition du bulletin numérique SPD.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>El Trencito</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le Petit train est un projet familial et communautaire qui existe depuis 15 ans. Il développe une expérience active et enrichissante de travail avec les enfants, à partir de jeux non-compétitifs et non tournés vers les adultes qui renforcent la solidarité, la créativité et le travaille collectif.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela constitue une source d’inspiration et une référence essentielle pour multiplier les efforts dans cette direction, à un moment où les signes d’épuisement du système scolaire sont croissants dans un pays où prennent le pas les tendances à l’uniformisation, à la compétitivité et à l’autorité</p>
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		<title>“COMPENDIO”. LE RECUEIL DE TEXTES DE L’OBSERVATORIO CRÍTICO DU 13 MAI 2013</title>
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		<pubDate>Tue, 14 May 2013 12:29:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Enrique</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ 

“Compendio”. Le recueil de textes et de notes publiés depuis Cuba et pour Cuba par l’Observatoire critique. Pour un socialisme participatif, démocratique, révolutionnaire et libertaire !
Nous publions à chaque parution à La Havane “Compendio”, nous vous offrons ici le dernier numéro du 13 mai 2013 :
COMPENDIO
Télécharger les précédents numéros publiés en 2011 et 2012 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/santeria2.jpg"><img class="size-full wp-image-8595 aligncenter" title="santeria" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/santeria2.jpg" alt="" width="518" height="342" /></a></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>“Compendio”. Le recueil de textes et de notes publiés depuis Cuba et pour Cuba par l’Observatoire critique. Pour un socialisme participatif, démocratique, révolutionnaire et libertaire !</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous publions à chaque parution à La Havane “Compendio”, nous vous offrons ici le dernier numéro du 13 mai 2013 :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/COMPENDIO.pdf">COMPENDIO</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/COMPENDIO-OC-MAYO-02_2013.pdf"></a>Télécharger les précédents numéros publiés en 2011 et 2012 :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://observatoriocriticodesdecuba.wordpress.com/compendios-oc-2012/#comment-5669">http://observatoriocriticodesdecuba.wordpress.com/compendios-oc-2012/#comment-5669</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://observatoriocriticodesdecuba.wordpress.com/compendios-oc/#comment-5668">http://observatoriocriticodesdecuba.wordpress.com/compendios-oc/#comment-5668</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://observatoriocriticodesdecuba.wordpress.com/compendios-oc-2/compendios-oc-2013/">http://observatoriocriticodesdecuba.wordpress.com/compendios-oc-2/compendios-oc-2013/</a></p>
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		<title>Une « Casa Cuba » sans chambres pour les domestiques</title>
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		<pubDate>Fri, 03 May 2013 15:10:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Enrique</dc:creator>
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Essai de revendication du possible : viabilité et nécessité de l’action solidaire à Cuba à partir de l’analyse de l’ethos populaire face aux scénarios des réformes

Cuba : la transgressive versatilité d’une métaphore

La métaphore Casa Cuba est une métaphore cordiale, certes, mais elle est aussi des plus extraordinairement versatile. Il nous paraît intéressant d’explorer cette versatilité, juste à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/casas_cuba_29052011.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8566" title="casas_cuba_29052011" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/casas_cuba_29052011.jpg" alt="" width="540" height="250" /></a></strong></span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>Essai de revendication du possible : viabilité et nécessité de l</strong></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>’action </strong></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>solidaire à Cuba à partir de l</strong></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>’</strong></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>analyse de l</strong></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>’ethos</strong></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong> populaire face aux scénarios des réformes</strong></span></span></span></p>
<p lang="fr-FR">
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>Cuba : la transgressive versatilité d’une métaphore</strong></span></span></span></p>
<p lang="fr-FR">
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">La métaphore </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Casa Cuba</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> est une métaphore cordiale, certes, mais elle est aussi des plus extraordinairement versatile. Il nous paraît intéressant d</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">’</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">explorer cette versatilité, juste à partir de ce point où convergent un processus de révolution et un processus de réconciliation.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><span id="more-8565"></span>Non seulement notre métaphore renvoie à la spiritualité, mais aussi à l’architecture (beauté, proportions, etc.), l’ingénierie (comment reconstruire une maison si nous ne savons pas quels sont les murs porteurs ?) et la géométrie (la topologie des espaces ouverts et fermés, du dehors et du dedans; l’ouverture et la fermeture comme noyaux de l’idée même de l’ordre géométrique ou du chaos). Elle renvoie surtout à la politique : Aristote </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">opposait</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> déjà le gouvernement d’une maison à celui d’une cité ; les Romains introduisirent le terme </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>dominium</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, dont dérive « domination », à partir d’une racine aryenne qui signifie précisément « maison » (comme en russe : </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>dom</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">). Et c’est là que réside le potentiel transgressif de la métaphore </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Casa Cuba</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> : étant donné l’intention de son auteur et de ses autres promoteurs, </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>il ne s’agit pas</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> de reproduire dans notre république une « maison » qui – comme à un certain moment de l’Empire romain – soit un paradigme de domination, mais tout le contraire. Nous utilisons cette métaphore comme exemple inspirateur de ce que pourrait être dans la société cubaine le pouvoir de la cordialité horizontale : de relations </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>exemptes</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> de domination. Autrement dit, dans un sens opposé à celui d’Aristote et des empereurs de Rome, qui vivaient dans des sociétés où les maisons centrées sur le </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>pater familias</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> étaient les noyaux d’un système asymétrique : patriarcal et esclavagiste. Soit dit au passage, identique aux maisons seigneuriales du Cuba colonial… </span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Nous, au contraire, nous cherchons dans la métaphore de la maison ou du foyer familial un potentiel pour l’émancipation et la réconciliation entre les Cubains et les Cubaines. Pour « l’exercice intégral de soi et le respect à l’exercice intégral des autres ». </span></span></span></p>
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<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>Ce qu’on ne publiait pas dans </strong></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em><strong>Sputnik</strong></em></span></span></span></p>
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<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Dans les lointaines années 80, pleines d’espérances pour tant d’entre nous, la populaire revue soviétique </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Sputnik</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> nous apportait d’impressionnantes nouvelles des grandes transformations qui s’opéraient dans le pays qui fut le premier à s’auto-définir comme « socialiste ». Tout cela était (et est encore) très controversé, jusqu’à un tel point que la revue cessa d’être vendue à Cuba, mais je soupçonne (et je pourrais presque l’assurer) que même </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Sputnik</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> ne reproduisit jamais dans ses pages le moindre reportage sur le mouvement </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Liouber</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, un sujet qui, dans la seconde moitié de cette décennie, fut un </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>hit</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> de la presse qu’on lisait à l’intérieur de l’URSS. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Moscou est entour</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">ée</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> de villes ouvrières, où se trouvent quelques-uns des grands centres manufacturiers russes, à l’image de ce qui existe dans les périphéries urbaines et les banlieues d’autres pays industrialisés. Les capitales (surtout leur quartiers centraux) deviennent les sièges des grandes administrations, de toute sorte d’institutions techniques et de structures politiques, regroupant de la sorte les grands décideurs du système. Les centres méga-urbains – et la capitale soviétique n’était pas une exception – sont plus ouverts aux flux culturels internationaux et aux identités multiples.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Vers le milieu des années 80, les villes soviétiques fourmillaient de toutes sortes de « mouvements informels de jeunes » : fans de football, hippies, punks, amateurs de heavy metal ou de break dance, dont l’aspect même indiquait leur militantisme culturel. Et c’est alors que surgirent les </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>lioubera</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Baptisés ainsi en référence à L</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">ioubertsy</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, une ville située à quelques kilomètres de Moscou, là où naquit le mouvement, les </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>lioubera</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> étaient essentiellement des jeunes gens qui faisaient des exercices physiques durant les années antérieures au service militaire (lequel, en URSS, n’était pas seulement obligatoire – deux ans – mais aussi très dur). Ils se concevaient eux-mêmes comme les partisans d’un mode de vie sain, comme des fils d’ouvriers, par opposition aux secteurs « malades » ou élitistes de la société, des catégories qui incluaient les autres mouvements informels considérés comme « agressifs ». Et c’est pourquoi l’entraînement de tout </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>liouber</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> n’incluait pas seulement la culture physique mais aussi les techniques de combat : l’objectif moral était rien de moins que de « nettoyer » la capitale soviétique des éléments indésirables (asociaux, sous-cultures « agressives », groupes néonazis naissants, fanatiques de sports, mais aussi les homosexuels, les rockers, etc.). Le militantisme des </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>lioubera</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> était fondé sur les valeurs de masculinité, d’amitié et de patriotisme, mais sa réalité fut très sujette à caution : on parle de bagarres impliquant des milliers de jeunes gens de chaque camp pour le contrôle des principaux parcs de Moscou, des rixes où le camp des </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>lioubera</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> représentait celui des « bons garçons » à cause de leur ascendance ouvrière, mais en même temps ils étaient vus comme des intrus puisqu’ils ne vivaient pas dans la capitale même et ne semblaient pas comprendre ce que signifie le respect de la diversité. Ce respect était en train de devenir un principe de plus en plus populaire – surtout parmi les élites intellectuelles et les catégories sociales politiquement contestataires – alors que, dans le pays, les libertés démocratiques et les règles de cohabitation correspondantes semblaient s’imposer. Au beau milieu des débats de l’époque de la perestroïka, le thème du conflit des </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>lioubera</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> avec d’autres jeunes devint aussi un thème populaire, jusqu’à ce que, en 1990, le mouvement disparaisse curieusement… Ce n’est pas que les jeunes des banlieues aient cessé de s’adonner à leurs exercices et leurs entraînements, pas le moins du monde. Ce qui se passe, c’est qu’il y eut un changement politique et un autre changement, encore plus profond, économique celui-là. Le réseau </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>liouber</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> en subit les conséquences. Pendant deux ans environ, quelques jeunes gens dépassés par les événements continuèrent de déambuler dans les rues de Moscou en portant de petits badges avec le visage de Lénine mais la majorité d’entre eux se mirent à la disposition du crime organisé de Lioubertsy, dont ils devinrent les exécutants. Une partie d’entre eux périt dans les combats entre mafias qui marquèrent la Russie des « dures » années 90. D’autres parvinrent à se réinsérer dans la société et sont aujourd’hui des gens de métier, des professionnels, des ouvriers. Ce lien avec les éléments criminels et surtout l’incapacité à formuler des perspectives alternatives de quartier </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">indépendantes de la politique de l’État</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, disqualifia un mouvement déjà très controversé.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">J’ai été très frappé par le fait qu’un des rockers russes les plus connus, qui vivait dans cette même ville de Lioubertsy et qui aurait dû être logiquement une cible des « nettoyages » des </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>lioubera</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, raconte aujourd’hui, plus de 20 ans après, qu’il ne fut jamais agressé parce qu’il était du « même quartier » qu’eux. Il est évident que la cordialité du « terroir », le fait d’avoir en commun les mêmes souvenirs d’enfance, d’avoir des parents qui avaient travaillé dans les mêmes usines, l’emportait sur les affiliations diverses aux sous-cultures juvéniles. </span></span></span></p>
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<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>« Cerro Cerra’o » versus « Habana Abierta »</strong></span></span></span></p>
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<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Mais quel est le rapport de tout cela avec Cuba ? Je répondrai à cette question par une autre question : pourquoi dans les terriblement difficiles années 90 naquirent des projets musicaux aussi fascinants que « Habana Abierta » (et ce fut aussi l’époque de l’émergence du rap cubain et de son festival coordonné par GrupoUno, du festival Rotilla, aujourd’hui fameux, ou du pic de popularité connu par des </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>trovadores</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> « durs » comme Carlos Varela et Santiago Feliú), alors que la première décennie du XXI</span></span></span><span style="color: #000000;"><sup><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">e</span></span></sup></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> siècle voit la domination presque totale du reggaetón ? Quels désirs, quelles pulsions exprime la consigne de « Cerro Cerra’o » (1)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, si contraire à l’idée d’une « Habana Abierta [Havane ouverte] » ? Est-ce qu’il n’y eut pas de pénuries dans les années 90 ? Est-ce que personne ne se souvient plus de</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong> </strong></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">l’eau sucrée,</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> du hachis de peau de banane, des coupures d’électricité, du boom du « jineterismo » (2)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, du choc des nouvelles relations mercantiles venant se heurter à la solidarité traditionnelle, cordiale et révolutionnaire, des habitants de cette île ? Est-ce que la situation économique ne s’est pas améliorée ? Et qu’en est-il de la situation morale ? Ou est-ce qu’une nouvelle génération serait en train de fixer de nouvelles règles ? En définitive, est-ce que quelqu’un comprend ce que signifie pour un jeune qu’un quartier soit « fermé » ?</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Il suffit peut-être d’écouter les paroles du reggaetón d’Insurrekto (je fais allusion à « Cerro Cerra’o »), pour être en mesure de répondre à cette dernière question. Il semble que, peu à peu, l’imaginaire de notre jeunesse des banlieues se met à ressembler à celui des </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>lioubera</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> russes dont nous parlions plus haut. La différence est qu’ici l’attitude qui domine consiste à « fermer » son quartier et qu’il ne s’agit pas en l’occurrence de « nettoyer » la mégalopole de tous les « éléments indésirables ». Cela dit&#8230; Est-ce qu’on a oublié les cris proférés à La Havane, dans notre Havane, quand Industriales remporta le championnat de Cuba de base-ball ? Est-ce que quelqu’un se souvient encore du mot </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>palestino</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> [palestinien] (3)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong> </strong></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">? Est-ce qu’on se souvient de ces foules qui parcouraient les quartiers de La Havane en proférant des insultes contre les « Orientaux » ?</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Je n’ai pas d’expériences vécues récentes d’autres régions du pays, mais ce qui se passe dans les quartiers de la capitale dénote une progressive mais persistante érosion de la si fameuse « solidarité » qui – dit-on – caractérise les Cubains. Une Havane de la cordialité, où les gens ne veulent qu’un « cachito pa’vivir » [un petit quelque chose pour vivre], où on refuse absolument la </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">régulation</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> par la voie de l’autoritarisme mais sans parier sur la stratégie du « sauve qui peut » , s’est dissipée peu à peu, au moins dans une partie significative de quartiers et de secteurs sociaux. Il suffit de prendre un omnibus ou d’observer comment on traite les étrangers. Il y a même un certain nombre d’acquis relativement récents (années 70-80) en matière de respect entre les genres qui se sont perdus peu à peu : je pense, par exemple, au traitement familier et habituel de «</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em> mami </em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">», couramment donné aux femmes dans les rues, aujourd’hui symétriquement complété par celui de «</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em> papi </em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">» entre les jeunes eux-mêmes.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Des décennies de mauvais « marxisme soviétique » – baptisé par plus d’un de mes amis </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">« marxisme de la langue de bois » –</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> ont suscité l’essor d’une sorte de sens commun qui prétend expliquer les changements de l’ethos à partir des carences économiques. Je me souviens de ce jour où, après avoir assumé la responsabilité d’une étude promue par le Bureau politique sur les causes et les conditions de la corruption à Cuba, les membres (moi y compris) de notre équipe de recherche nous nous proposâmes d’expliquer l’érosion de la légalité à partir de la détérioration de la situation économique au cours des années 90… À ce moment-là, notre directrice nous opposa un argument critique qui fut une surprise pour tous les présents : autour des années 50, dans les quartiers les plus pauvres et les plus périphériques de La Havane, il était d’usage de mettre à sécher des vêtements dans des espaces facilement accessibles de la rue. Dans un environnement marqué par la pénurie, l’honnêteté était une valeur habituelle, les maisons n’avaient pas de grilles, les vols étaient chose exceptionnelle et ils étaient condamnés par tous. Ce simple exemple montre que les conditions économiques ne produisent pas mécaniquement certaines valeurs.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Plus récemment, et toujours dans le même sens, un autre notable collègue attirait l’attention sur le fait anthropologique de la disparition du </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>fiado</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> (4)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">. Autrefois, il était normal que les vendeurs de biens et services au public (les épiciers, les barmen, et même les médecins qui avaient un cabinet privé) fassent crédit à leurs clients habituels. Quand le </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>cuentapropismo</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> [la petite entreprise individuelle] refit surface dans les années 90, toute trace du </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>fiado</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> disparut pour ne plus revenir (jusqu’à présent du moins).</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">De plus, une attitude d’appropriation rapace, et son complément, le mépris de ce qui n’est pas « à moi » met en évidence l’érosion des frontières entre privé et public. Qui ne se souvient de cette consigne en faveur de la consommation de produits nationaux : « Lo mío primero » [Ce qui est à moi d’abord], si courante dans les années 90 ?</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Alors, est-ce que les valeurs sont des choses qu’on peut enseigner ? La réponse paraît évidente, mais cela ne fait guère avancer. Tout semble indiquer que nous sommes en présence d’une profonde crise systémique, et qu’il n’est pas possible de résoudre le problème en attaquant les symptômes. Beaucoup de ceux qui débattent – trop d’entre eux, même – semblent ignorer que l’éthique opère comme une partie d’un système de relations, de pratiques et d’expériences sociales qui a changé peu à peu ; les projets de vie des gens ont changé, il y a des propositions au niveau macro-social, mais dans quelle mesure sont-elles fidèles à la façon de vivre quotidienne à Cuba ? Est-ce que l’incertitude de la vie au jour le jour pourrait se résoudre avec plus d’incertitude face au changement ? Comment réduire la complexité des décisions quotidiennes ? Est-ce que nous n’allons pas engendrer encore plus de crise que celle que nous avons déjà si nous ne tenons pas compte des « agendas politiques personnels » (5) </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">de chaque habitant de l’île, avec toutes leurs échéances possibles ?</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Il y aura toujours quelqu’un pour attribuer cette incertitude existentielle, éthique, esthétique et quotidiennement politique à la culture du reggaetón et à la « perte des valeurs »… Mais c’est que le reggaetón </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">n’est</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> ni un simple genre musical ni un agent de changement (un ami me disait que le reggaetón est le produit de l’école cubaine : d’où, si ce n’est de l’école, sont issus ses principaux promoteurs</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong> </strong></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">?). Le reggaetón dans le Cuba d’aujourd’hui est une idéologie, qui a un appareil de promotion (les méga-entreprises de spectacles) et qui </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>consolide</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> ce qui a déjà été conquis pour les pratiques (qui s’expriment dans des conduites et des valeurs) en tant qu’idéologie légitime. Il suffit de se rappeler que la presque seule et unique fois où le reggaetón fut utilisé pour « transmettre » des valeurs « positives » (le vidéoclip </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Creo</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, du chanteur Baby Lores, visant à promouvoir la fidélité à la figure historique du</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> Commandant en chef</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">) est apparue avec une pièce qui, au-delà du culte de la personnalité du leader, établit une règle de comportement fondée sur l’usage de la force brute, sur le mépris des idées différentes, de la pensée en général (« la verdad no se ensaya »)… Malgré les éloges, dont celui du compétent critique Rufo Caballero, aujourd’hui disparu, la pièce de Lores constitue une démonstration d’inconsistance aux yeux de ceux qui, à l’instar de Rufo, sont étrangers à la culture du reggaetón et au cercle des amis intimes de Lores : la jaquette du CD qui contient cette chanson est entourée de la quadruple consigne « La machine à faire de l’argent ». Mais c’est que pour Lores et ses </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">fans</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, il n’y a pas de contradiction entre ce slogan et le fait que le chanteur de </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Creo</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> apparaisse sur la même jaquette avec un béret portant l’image du Che : le sens même du mot « vérité » a été supprimé (6)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, tout est permis, grâce à un concept d’inclusivité qui ne contrevient pas à l’intime structure des sociabilités qu’exprime et encourage le reggaetón.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Et cette structure de sociabilités fondée sur l’individualisme, la consommation ayant pour seul but une jouissance matérialiste effrénée, la transformation de la femme en éphémère objet sexuel, l’apologie du pouvoir de l’argent, l’hyper-compétence, la suppression des solidarités au-delà de la convenance réciproque et la suppression de toute création esthétique, de tout travail, de tout exercice intellectuel ou simplement de toute pensée qui irait au-delà de l’intérêt mis à </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>resolver</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> (7)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> pour passer ensuite au moment de la jouissance. Une structure qui est aussi une spiritualité, et disons-le maintenant sans ambages : le reggaetón est une culture qui exprime et qui est animée par une spiritualité crûment capitaliste. Et on pourrait ajouter, une spiritualité globalisée (est-ce que cette thèse requiert une démonstration ?).</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Pour revenir au thème, très représentatif et excellent musicalement, « Cerro Cerra’o », où Insurrekto élabore une esthétique qui conduit simultanément à l’apologie et à la critique du </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">statu quo reconstruit, </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">d’une certaine façon, par le concept de quartier humble </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>habanero</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, nous retiendrons la force de la notion même de </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>cierre</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> [fermeture]. C’est là l’idée qu’il pourrait exister dans la ville des territoires « </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>No go</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> »</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> (une expression qui, en anglais, signifie tolérance zéro pour les « intrus » venus d’autres territoires). Nous pouvons observer la propagation de cette façon d’assumer la territorialité identitaire dans les gr</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">affitis</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> que des groupes de jeunes laissent dans les </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>guaguas</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> [bus ou mini-bus] ou sur les murs de la ville. Les noms de ces jeunes gens sont liés fréquemment au quartier </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">–</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> « </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Yordan de Jesús María » </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">–</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, et souvent apparaît aussi le mot </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>« Cerrao »</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Au-delà de la souhaitable ouverture chantée par ce projet terriblement divers et nomade que fut Habana Abierta, ce qu’on perçoit le mieux dans l’esthétique musicale et celle de la rue d’aujourd’hui est l’apologie de quelque chose de très ressemblant aux bandes juvéniles. Souvenons-nous des </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>lioubera</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> russes et demandons-nous si notre société pourrait affronter l’apparition de phénomènes de ce genre dans nos grandes villes ? Parce que, souvent, je pense que l’idée idéologique et esthétique en est déjà présente… Ce qui manque encore, c’est que de véritables bandes finissent par se constituer pour de bon, surtout maintenant que les lycéens viennent tous « de la rue »… Je vois les spectres des terribles </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>maras</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> (8)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> d’Amérique centrale (qui exportent même leurs pratiques aux États-Unis) ou des </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">gangs</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> associés à des écoles urbaines de Londres (celles-là mêmes qui ont provoqué les récentes émeutes) ou les démonstrations des supporters de clubs de football en Europe ou même en Russie, qui sont le ferment nutritif des expressions juvéniles les plus autoritaires, violentes et xénophobes : quelqu’un se souvient du mot </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>palestino</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> (9)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> ? On pourra penser que j’exagère mais nous vivons dans une société qui change à toute allure et c’est le tissu social lui-même qui est devenu problématique. </span></span></span></p>
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<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>L’énigme du « monde de vie populaire »</strong></span></span></span></p>
<p lang="fr-FR">
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Un prêtre salésien espagnol, psychologue de profession qui vit et officie dans un quartier de Caracas – le professeur Alejandro Moreno </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">–</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> a élaboré la terriblement intéressante notion analytique de « monde de vie populaire ». Selon le père Moreno, la convivialité quotidienne qui caractérise les quartiers pauvres d’Amérique latine n’est pas réductible dans ses logiques aux notions rationalisées et individualistes qui animèrent le devenir de la modernité dans ce qui est aujourd’hui le Premier Monde. En tant que chercheur qui cohabite avec la communauté qu’il étudie, Alejandro Moreno a proposé une approche relationnelle qui recourt, entre autres, à la scolastique catholique et romaine médiévale (Thomas d’Aquin) et aux enseignements de philosophes religieux juifs comme Martin Buber. Ce lien n’est cependant pas le fait du hasard : le père Moreno lui-même note l’incidence épistémologique de l’organisation communale du Moyen-Âge européen et des modes d’organisation du judaïsme populaire ashkénaze (respectivement) dans ces approches théoriques. Autrement dit, il y a, selon Moreno, un « air de famille » entre la manière dont on cohabite aujourd’hui dans les quartiers pauvres de « Notre Amérique » et dans des environnements similaires durant le Moyen-Âge européen, ainsi que dans les banlieues des sociétés d’Europe de l’Est d’il n’y a pas très longtemps.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Dans ses études, le père Moreno dut se heurter à la problématique de la violence et de la criminalité dans les quartiers populaires ; il réalisa même plusieurs excellentes biographies de personnes ayant commis des délits et des actes violents. Les trajectoires des bandes de Caracas ne sont absolument pas un thème étranger à ce chercheur, qui fait noter combien l’implantation au forceps de logiques individualistes dans les processus modernisateurs du XX</span></span></span><span style="color: #000000;"><sup><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">e</span></span></sup></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> siècle a contribué de façon décisive à l’érosion et à la distorsion des liens de cohabitation dans les quartiers et à l’émergence de processus violents. Et c’est que, aux yeux de Moreno, la logique du « monde de vie populaire » et celle de la modernité sont radicalement distinctes, bien que pas nécessairement incompatibles. Cependant, c’est dans la vie selon les logiques populaires d’affection et de solidarité que cet auteur voit un potentiel de libération pour les pays de « Nuestra América » (10)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> [Notre Amérique].</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Les penseurs modernes – y compris Marx et Engels </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">–</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> ont été généralement peu cordiaux (11)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> ou, dans le meilleur des cas, ils ont considéré avec énormément de fatalité la destinée des sociabilités antérieures à la modernité. Le </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Manifeste communiste</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> ne manque pas d’entonner des chants de louange au capitalisme pour avoir permis la disparition rapide des relations inter-personnelles « féodales », que la majorité de ces théoriciens voyaient comme un reliquat du passé ou – à nouveau, dans le meilleur des cas – comme une simple pâture pour nostalgies romantiques. Dans le cas des pays « non industrialisés » (ce qu’on a appelé le « Tiers-Monde »), les gouvernements et autres opérateurs sociaux devraient œuvrer à la disparition des cultures de sociabilité traditionnelle. Ce fut le cas de </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Sarmiento (12)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> en Amérique et de Staline en URSS, deux exemples à la fois représentatifs et lamentables des XIX</span></span></span><span style="color: #000000;"><sup><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">e</span></span></sup></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> et XX</span></span></span><span style="color: #000000;"><sup><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">e</span></span></sup></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> siècles.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Bien au contraire du positivisme classique, du libéralisme et du marxisme, les écrivains socialistes libertaires comme Michel Bakounine (13)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, Pierre Kropotkine et David Graeber (14)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> ont mis l’accent sur les valeurs de la solidarité, de l’entraide et de l’auto-organisation sociale « par en bas ». Pour eux, les pratiques de ce que Moreno appelle le « monde de vie populaire » peuvent être de véritables embryons de relations sociales plus solidaires et libres que celles qui sont construites selon les logiques individualistes et autoritaires modernes. Les relations communautaires niées par le capitalisme du Nord viendraient ainsi renforcer leurs sociétés respectives avec un principe opératoire que la modernité, à un moment donné, mit sur ses drapeaux avant de l’ignorer systématiquement : </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">la</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong> </strong></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>fraternité</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">. C’est le « principe oublié » dont le professeur A. M. Baggio revendique la centralité dans ses recherches.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Pour revenir à notre patrie, l’historien </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>holguinero</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> [originaire de H</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">olguín] </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">José Abreu Cardet estime que dans la guerre de 1868-1878, les relations humaines fondées sur des affects très proches de ceux dont nous constatons (pour le moment) l’existence dans les quartiers </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>habaneros</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> furent un élément-clé pour la survie et le développement de la capacité de lutte des </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>mambises</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> (15)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">. Chose intéressante : de même que dans les cas étudiés par le père Moreno, Abreu Cardet voit une dualité de logiques de relations humaines dans le maquis des </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>mambises</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, celles qui sont fondées sur l’esprit fraternel de l’affection et de l’entraide (au beau milieu d’un changement drastique qui supprimait radicalement jusqu’aux liens de propriété entre les ex-esclaves et leurs anciens propriétaires), et celles qui avaient pour fondement des notions formelles de </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">type juridique moderne</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, dans le but d’établir une République avec ses procédures démocratiques correspondantes.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">C’est sans doute Joel James Figarola, probablement le plus grand des anthropologues socio-culturels cubains après Fernando Ortiz, qui a défini de la façon la plus audacieuse la signification humaine de la matrice culturelle traditionnelle : d’après James, c’est le lieu où réside la souveraineté nationale. Pour sa part, le poète et essayiste du Cerro Víctor Fowler Calzada a récemment revendiqué le thème à partir de ses expériences vécues et réflexions, dans une série d’écrits et de conférences, publiés pour certains d’entre eux dans la revue </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Espacio Laical</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">La véritable énigme du « monde de vie populaire » est son caractère duel, ambivalent : quelles sont les expériences et quelle est la praxis qui prévalent en son sein – les expériences solidaires et cordiales, de reconnaissance mutuelle comme personnes potentiellement amicales, comme « partenaires », en en venant à la noble extrémité de s’appeler entre nous « famille » ou frères » – ou celles de l’imposition indisciplinée et arbitraire des conduites des uns sur les autres, à la limite de l’autoritarisme et de l’irrespect le plus brutal qu’on puisse imaginer ? Nous trouvons la même ambivalence dans le mot </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>sociolismo</em> (16)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, si habituel dans les années 70-80 et qui, depuis, de façon significative, a presque disparu de notre langue. D’un côté, il est toujours agréable de se sentir en famille, entre frères ou entre partenaires mais, de l’autre, les liens « naturels » ou « naturalisés » qu’un tel environnement impose peuvent devenir très vite un joug pour tout un chacun ou, si on pousse la thèse jusqu’au bout, ils peuvent tout simplement légitimer l’assaut le plus brutal contre les droits ou les intérêts des « tiers », parmi lesquels le premier affecté est le plus souvent l’État lui-même, qui est en théorie le visage juridique de la collectivité dans son ensemble. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Ce sont là deux faces d’une même monnaie : la dissolution de tout formalisme légaliste face à des normes de comportement que la propre communauté populaire admet et qu’elle avalise contre les règles écrites soigneusement élaborées par les autorités publiques (et au-delà d’elles) en conformité totale avec ce vieux précepte identitaire de la culture juridique </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>criolla </em>(17)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> : </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>La ley se acata, pero no se cumple</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> [On respecte la loi mais on n’y satisfait pas]</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>.</em></span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Il s’agit de règles non écrites, extra-juridiques voire contre-juridiques, mais fondées sur la confiance et qui garantissent une certaine prévisibilité des actions des gens. Selon plus d’une étude sociologique, la majorité des Cubains met la famille au-dessus de tout le reste, et nous agissons conformément à ce principe, même au-delà de ce qui relève de la famille au sens strict. Est-ce qu’il ne s’agit pas de cette chose même dont nous, Cubains, nous notons immédiatement l’absence quand nous sommes à l’étranger ? Carlos Acosta, le grand danseur cubain du </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Royal Ballet</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, a déclaré un jour dans un entretien accordé à un quotidien de Londres que ce qui lui manquait le plus de la vie à Cuba, c’était de pouvoir frapper à la porte de sa voisine pour prendre un café avec elle. Il avait tout à fait raison : les sociétés du Premier Monde sont régies par des règles formelles dont </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">la domination</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> rejette dans le cadre strictement privé la cordialité informelle de ce </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>cubaneo</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> dont nous jouissons tant ici, dans nos Caraïbes, et que nous critiquons tant. On voudra bien noter qu’il ne s’agit pas en l’occurrence de manque de sociabilité ou d’absence de règles de conduite mais simplement d’une </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>autre</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> sociabilité et d’</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>autres</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> règles. Lesquelles peuvent engendrer d’</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>autres</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> réponses face à des politiques publiques déjà essayées dans le Nord.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">L’énigme de l’ambivalence du monde de vie populaire cubaine est mise en évidence avec une netteté exceptionnelle dans la fraternité masculine Abakuá, d’une claire ascendance africaine (carabalí, du Nigeria) mais qui regroupe des hommes de toutes les races, résidant en majorité dans les quartiers pauvres de La Havane, Matanzas et Cárdenas. Il est impossible d’évoquer aujourd’hui comment on construit « par en bas » la sociabilité dans un cadre populaire sans apprécier le double caractère d’Abakuá, caractère qui, d’une part, est assimilé par le peuple (surtout parmi les plus jeunes) à la </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>guapería</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> [truanderie] et, d’autre part, à ce que nous pourrions appeler la vie dans le style du gangstérisme (proche des bas-fonds de La Havane qu’Ortiz commença d’étudier il y a déjà 100 ans), avec le machisme, l’homophobie, la violence et le mépris de toute loi ; et d’autre part, avec les valeurs de « bon frère, bon père, bon ami », une éthique fondée plutôt sur le respect que sur la force, et surtout une culture de résistance populaire « à partir des marges » que tant de patriotes et de créateurs ont donnée </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">à Cuba</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> : Brindis de Salas, Miguel Faílde, Ignacio Piñeiro, Chano Pozo, Jesús Orta Ruiz, Tato Quiñones, les anonymes combattants du maquis </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>mambí</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> ou ces cinq jeunes Noirs inconnus qui tentèrent d’empêcher l’exécution des étudiants de médecine le 27 novembre 1871. Il est fascinant de noter l’interaction du monde Abakuá avec certains projets politiques.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">L’hommage public annuel que, depuis 2006, la Cátedra Haydée Santamaría et la Cofradía de la Negritud [Confrérie de la négritude] (deux projets du réseau Observatorio Crítico) dédient à ces jeunes gens qui, tués à coups de baïonnettes, partagèrent sacrifice et fraternité avec les étudiants assassinés, a été une démonstration du profond engagement populaire en faveur de nos idéaux d’émancipation. En tant que participant en presque toutes les occasions, je peux témoigner du caractère massif de ces rencontres, et des larmes des vieux abakuá au moment de la cérémonie liturgique devant le monument qui conserve le morceau du mur où furent exécutés les étudiants de médecine, dont un au moins – d’après ce que nous laisse entrevoir la tradition orale – avait prêté le serment pour devenir un </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Obonekue </em>(18)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Ainsi, nous pouvons observer un modèle commun dans les façons dont se passe la socialisation dans le cadre de l’ethos populaire, commun à Cuba, à l’Amérique latine, et en un sens aussi, à l’Espagne et à la lointaine Russie. Dans ce dernier pays, qui nous donne une vision privilégiée grâce à une connaissance </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>post festum</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> des dynamiques sociales face à des scénarios de réformes politiques et économiques, il est vraiment surprenant de constater comment on trouve chez les </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>lioubera</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> – un mouvement qui dura moins de 10 ans – des traits éthiques ambivalents, si semblables à ceux des Abakuá cubains. Et le problème est, certainement, le futur de ce type de sociabilité. Alors, qu’est-ce qui est le phénomène le plus persistant : la truanderie ou le patriotisme ?</span></span></span></p>
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<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>Crise des valeurs ou crise du sens ?</strong></span></span></span></p>
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<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">« Cette vertu publique que, chez les Anciens, on appelait patriotisme procède d’un fort sentiment de notre intérêt propre à la préservation et prospérité de l’ordre libre dont nous sommes les membres », affirma Sir Edward Gibbon (19)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, historien libéral anglais du XVIII</span></span></span><span style="color: #000000;"><sup><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">e</span></span></sup></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> siècle, une phrase tirée de son livre </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Décadence et chute de l’Empire romain</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">. À défaut d’un ferme engagement en faveur de la préservation de l’ordre libre dans la Patrie, le </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">pouvoir</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> passe entre les mains de ceux qui luttent pour de l’argent (les mercenaires), comme cela eut effectivement lieu à Rome : tel est l’enseignement principal de cette œuvre monumentale. Au sein </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">du séminaire de La Havane,</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> avec ou sans influence de Gibbon, le père Félix Varela (20)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> expliquait en 1818 : « L’amour que tout homme a pour le pays où il est né, et l’intérêt qu’il prend pour sa prospérité, nous l’appelons patriotisme ». De la sorte, la dimension sensible et affective (21)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> de l’amour prenait place auprès de l’intérêt rationnel, mais sans le supprimer. Comment pouvons-nous préserver et faire croître le patriotisme dans notre </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Casa Cuba</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> ?</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">En analysant les deux définitions, il nous faudra d’abord partir de l’amour à la Patrie, dont il existe déjà suffisamment de preuves, en elle et hors d’elle ; mais, en outre, nous devrons susciter chez nous un </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>ordre libre</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, dont le but serait de veiller à l’intérêt et à la prospérité de tous les Cubains. Il s’agit d’une synergie, où la vertu, animée en même temps par l’amour et la conscience de l’intérêt qu’elle y a, vise à la pleine jouissance d’un ordre social libre. Gibbon et Varela parlent implicitement de </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>sens</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">,</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">c’est-à-dire précisément de cette synergie que nous avons à l’esprit. Que de complexité dans les termes de Gibbon et de Varela, et que de clarté, si éloignées des ritournelles courantes sur la « crise des valeurs » ! Apprécier le monde à partir de la catégorie de </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>sens</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> revient à s’émanciper de sa fragmentation, puisque cela signifie construire et lancer des ponts entre les structures de la société et le monde intérieur intime de ceux qui les habitent (puisque le sens est aussi quelque chose de </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">ressenti)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">. Dans cette perspective </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">émancipatrice qui promeut l’efficacité, le regard de l’observateur acquiert un tranchant critique et une habileté utile au changement : « L’actuel n’est pas ce qui est présent, l’actuel est ce qui agit. »</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong> </strong></span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Ici, nous approchons de notre propos critique central, de la thèse que je désire défendre dans cet essai. C’est la critique de l’ignorance du sens : la critique de cette vision partielle, individualiste et </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">étatique</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>,</strong></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> qui conçoit l’État et/ou l’éthique (les « valeurs ») et/ou la culture même dans son ensemble, comme un ornement ajouté à un système économique tenu pour neutre du point de vue des valeurs. Mais nous savons que les systèmes économiques ne sont pas ainsi, puisqu’ils structurent l’esprit humain et, bien entendu, l’éthique également, à partir de principes (prétendument anthropologiques) bien déterminés, même si ceux-ci ne sont pas énoncés explicitement. Et, par ailleurs, comme y insistait Marx lui-même dans sa critique de Hegel, il est utopique d’imaginer un État « pur », une éthique « pure », une culture « pure », indépendantes du système économique, d’autant que l’économie est le soutien de l’État lui-même, de l’éthique et de la culture. Et cela inclut, bien entendu, toutes les règles qui ne sont pas conçues « d’en haut » (22)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">C’est ainsi que comprendre le patriotisme comme sens – l’amour du pays et de l’ordre libre – nous amène à la création institutionnelle </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">de la patrie</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong> </strong></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">(pas nécessairement étatique (23</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">) : l’organisation que doit adopter notre environnement social en vue de la coordination des intérêts (et des agendas politiques) personnels pour le succès des objectifs partagés « avec tous et pour le bien de tous ». Et de là nous allons aux règles (non seulement les étatiques ou celles qui sont adoptées « d’en haut » ; au point où nous en sommes il doit être clair </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">pour tous</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> que ne s’intéresser qu’aux seules règles formelles du droit n’aide pas à l’analyse de la situation réelle d’une société, de ses « facteurs réels de pouvoir »). Selon le sociologue du droit argentin Enrique del Percio, « l’existence de la norme dépend de multiples facteurs de type essentiellement culturel, politique et économique », et, avec cet auteur, nous ferons une brève incursion sur le thème des impôts, si important pour la question de savoir comment on partage les ressources disponibles dans une société.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Del Percio considère le droit fiscal comme « une question fondamentale pour la marche de l’État » et une sorte de pierre de touche pour aborder la diversité des systèmes de normes et des cultures civiques dans toutes sortes de communautés humaines. Dans ce but, dans son livre </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Política o destino</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, il nous offre ce témoignage fascinant : « Je donnais des cours à l’Université technique de Dresde et, une nuit, alors que la température était de plusieurs degrés sous zéro, j’étais allé dîner avec Joachim Born, un professeur réputé de cette institution. À la fin de la soirée, apparut la typique discussion sur le point de savoir qui devait payer la note. Mon collègue allemand argumenta qu’il devait le faire, lui, puisque le fisc lui retenait tous les mois 40 % de ses revenus, mais qu’à la fin de l’année il lui restituerait un pourcentage similaire à cause des frais que son travail aurait pu lui occasionner. C’est ainsi que, en présentant des factures pour l’abonnement à une revue scientifique, pour l’achat d’un livre ou d’un ordinateur, pour avoir assisté à un colloque ou, comme dans le cas présent, pour être allé dîner avec un autre enseignant pour discuter sur des questions relatives à son travail, a la fin de l’année le fisc verserait sur son compte en banque jusqu’à 40 % de ces dépenses. Avec une pure logique latinoaméricaine, je lui demandai comment le fisc pouvait savoir que la facture du restaurant témoignait qu’il était allé dîner avec moi et pas avec sa femme. Joachim me regarda d’un air étonné et, sans comprendre le sens de ma question, il me répondit : </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">“</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Eh bien, parce que si j’étais allé dîner avec ma femme, je ne présenterais pas la facture au fisc !</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">”</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> Je fis alors un commentaire d’autoflagellation assez évident autour des problèmes qu’entraîne dans nos sociétés le fait d’être si peu portés à respecter strictement la loi, mais aussitôt il me fit remarquer que, dans les questions sociales, rien n’est tout à fait blanc ou noir : il se contenta de me rappeler que, il y a un peu plus d’un demi-siècle, la loi allemande indiquait qu’il fallait exterminer les juifs et que la majorité des Allemands agit dans le respect de ces règles… Si on laisse de côté ces dernières considérations, on peut parier que le lecteur se souviendra de quelque anecdote de ce genre ayant pour acteur un autre Allemand, un Anglais, un Suédois ou un Français. Il est très probable qu’il aura également écouté un Nord-Américain s’exclamer : </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">“</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Mais moi, je paie mes impôts!</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">”</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> quand il s’agit de défendre ses droits. Il y a peu de chances qu’il se rappelle une anecdote de ce genre concernant un Andalou, un Équatorien, un Panaméen, un Napolitain ou un Argentin. Il y a plus : dans ce dernier cas, il est plus que probable que le lecteur a à l’esprit quelque récit sur les mille astuces dont on se sert pour éluder, voire purement et simplement pour ne pas payer, tel impôt, un récit raconté avec fierté par l’auteur même de l’infraction. »</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Ensuite, le professeur Del Percio relate comment dans ses aventures académiques de sociologue du droit, il fut surpris de constater l’absence virtuelle d’investigations relatives « aux différentes</span></span></span><span style="color: #00b050;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">conduites fiscales de la part des différents peuples » ainsi que par le fait – partagé par lui avec ses étudiants les plus avancés « dont de nombreux fonctionnaires du gouvernement ou du pouvoir judiciaire et des conseillers des législateurs » – « que, au moment de faire des recommandations, les fiscalistes des nations andines ne se soucient guère d’aborder le contexte socioculturel de la problématique fiscale mais qu’ils tendent à prendre comme modèles les systèmes fiscaux européens ». Le thème des motivations sociales (du sens, dirions-nous) des conduites au moment de payer (ou pas) les impôts n’est « étudié à fond » par aucun classique » « et les sociologues contemporains ne le mentionnent même pas ». « Les versions existantes de ce que nous pourrions appeler la “sociologie des Finances publiques</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">”</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> pèchent par leur eurocentrisme exacerbé. En effet, on remarque toujours une conception anthropologique sous-jacente selon laquelle l’être humain est identifié au sujet européen moderne (bien entendu, on inclut sous ce concept les Nord-Américains blancs), et les critères de son action sont régis par la même logique inhérente aux critères occidentaux de rationalité. Ces versions ne nient pas l’existence d’autres idiosyncrasies mais elles affirment que ces façons d’être s’expliquent parce qu’il y a des peuples qui ne sont pas “encore</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">”</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> parvenus au niveau de développement ou de progrès propre aux peuples européens. C’est pourquoi leurs enseignements sont partiellement valables dans la mesure où ils se réfèrent à ce que la condition humaine a d’universel, mais en revanche ils ne nous sont d’aucune utilité pour rendre compte de ce que chaque peuple a de particulier et de spécifique ». Autrement dit, ils sont d’une utilité limitée ou nulle quand on doit affronter un problème réel et concret (24)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, comme, par exemple, la construction de notre </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Casa Cuba</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Le professeur Del Percio en conclut que « cette situation peut s’expliquer par le fait que les pays centraux ont construit peu à peu leur structure fiscale à partir de la perception directe du type de subjectivité constituée par leurs citoyens, sans qu’il soit besoin de théoriser sur le sujet, et nous en général nous nous contentons d’étudier cette production théorique et </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">–</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> dans le meilleur des cas – nous essayons de l’adapter à notre réalité avec assez peu de succès. Les Latinoaméricains et les Européens sont différents. Ni meilleurs ni pires les uns que les autres : différents. C’est pour cette raison que Simón Rodríguez, le maître de Bolívar, a pu dire que si, nous, Américains nous n’inventions pas, nous mourrions. Nous ne pouvons copier de manière acritique les institutions d’autres pays pour le simple fait que, dans ces pays, elles marchent bien. Il n’est pas question non plus de faire table rase de ce qui a été expérimenté et pensé sous d’autres latitudes ou de faire mine de l’ignorer. Il s’agit, en revanche, d’adopter une attitude mûre et responsable qui saurait reconnaître les les facteurs déterminants dans la constitution de subjectivités différentes pour agir en conséquence. En effet, ce qui est donné pour acquis en d’autres lieux – et qui ne vaut pas la peine, par conséquent, d’être analysé en détails – requiert une analyse particulière chez nous en raison de notre spécificité en tant que société ». Pour ma part, je résumerais volontiers toutes ces remarques en une seule phrase : pour avoir du sens, la loi doit donner un visage à la communauté.</span></span></span></p>
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<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>Le visage social/humain des réformes : « culture fiscale » vs. « l’amour comme stratégie politique » ?</strong></span></span></span></p>
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<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Les idoles des païens, or et argent, une œuvre de main d’homme !</em></span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Elles ont une bouche et ne parlent pas, elles ont des yeux et ne voient pas.</em></span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Elles ont des oreilles et n’entendent pas, pas le moindre souffle en leur bouche.</em></span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Comme elles seront ceux qui les firent, quiconque met en elles sa foi.</em></span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Psaume 135 (134)</span></span></span></p>
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<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>L’</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">incivilimento (25)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em> progressif de l’être humain consiste en sa libération à l’égard des idoles… Parmi les idoles de l’homme d’aujourd’hui, l’une des plus persistantes et malignes est l’État. </em></span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Norberto Bobbio</span></span></span></p>
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<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Au sujet de cette approche du chercheur argentin, il me vient à l’esprit la réponse, en direct à la télévision, de notre ministre des Finances et des Prix à la question d’un journaliste à propos de l’existence (ou de l’inexistence) de la culture fiscale à Cuba. La haute fonctionnaire répondit ceci : « Chaque fois que je rencontre des ministres des Finances d’autres États, ils me disent que dans leurs pays il n’existe pas non plus de culture fiscale… » </span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Il est évident qu’il est difficile d’obliger ou de persuader quelqu’un de payer le fisc (à Cuba, la situation est encore plus compliquée par l’invisibilité virtuelle des impôts pour la majorité des citoyens depuis les années 60) ; cette intromission de l’État dans la vie des gens a généré des attitudes variées tant parmi les collègues de l’évangéliste Matthieu comme chez ceux de Robin Hood. La majorité des États actuels (et c’est là-dessus que se fonde la « culture fiscale ») pratiquent une sorte de « pacte social » où le contribuable paie mais où l’État s’engage à agir conformément à la décision des majorités, et en respectant les droits constitutionnels des minorités (tout l’appareil des finances publiques et les décisions budgétaires vont dans ce sens). C’est pourquoi, dans le cadre fiscal des États « sociaux », convergent « officiellement » la solidarité matérielle avec celui qui a moins et l’imposition de la volonté par un gouvernement : un modèle obligatoire de solidarité soutenu par des règles démocratiques. Est-ce qu’un tel « pacte » est viable à Cuba ? </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Si nous partons du modèle de pensée </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">hérité</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, la réponse est « oui ». Le problème serait de parvenir à établir une « plus grande culture fiscale », à élever la discipline, l’honnêteté des contribuables et des fonctionnaires, la transparence du système dans son ensemble. Cependant, si on regarde les choses comme elles sont, est-ce que les gens font vraiment confiance aux fonctionnaires qui contrôlent les impôts ? Et, surtout, est-ce qu’ils se fient à l’usage qu’on fait a posteriori de l’argent recueilli ?</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Étant donné l’existence du mensonge endémique et de l’habitude invétérée de commettre des actes illégaux (26)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> (il n’est un secret pour personne qu’une grande partie de l’économie domestique des familles cubaines et certainement une énorme fraction du secteur « formel » fonctionne hors des lois « officielles » : qu’on pense, par exemple, à la manière de se procurer du lait pour les enfants ou quelque pièce mécanique destinée à un omnibus du secteur étatique qu’on ne peut obtenir en suivant « les circuits établis »), une bonne part des ressources et des influences sont régies à travers ce dense réseau de relations qui constitue le « monde de la vie populaire ». Et les modes traditionnels de décision n’intègrent </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>pas encore</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> – en dépit des exigences croissantes dans le sens contraire – la « population » mais seulement les cadres et autres fonctionnaires de différents niveaux. Autrement dit, il existe une haute probabilité qu’un tout récent </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>cuentapropista</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> [auto-entrepreneur] préfère entrer dans des relations de « partenaires » avec les fonctionnaires qui le contrôlent, ainsi que recourir à des « partenaires » d’un autre genre pour satisfaire ces besoins que l’État ne peut pas satisfaire. C’est ainsi qu’une grande part des ressources qui devraient revenir au budget s’échappe par des voies informelles, et que s’établit un cercle vicieux reproduisant à l’infini de telles relations.</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Bien sûr, il y aura des gens pour dire qu’il s’agit d’une situation absolument anormale, issue d’une mauvaise gestion, ou d’un système économique inefficace, ou d’une économie viciée à la racine, ou d’un mal « endémique » propre aux Cubains comme ethnie. Ce sain non-conformisme doit être salué, mais la question reste posée : que peut-on y faire ?</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Ce qui est vraiment « utopique », ce serait d’imaginer la possibilité de voir soudain émerger un État « pur », indépendant des réalités existantes, dont, comme je l’ai déjà dit, le système économique – le « réellement existant » – qui est le soutien de tout le système mais qui, à son tour, parvient à fonctionner grâce à une série de règles (qualifiées parfois, de façon sans doute trop étroite, de « culture ») que les gens ont intériorisées dans leur vie de tous les jours. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">En particulier, les gens eux-mêmes, les fonctionnaires, est-ce qu’ils seront différents ou est-ce qu’ils changeront du jour au lendemain ? Existe-t-il des raisons pour penser que, une fois « transformé », « rénové » ou « actualisé », le nouveau modèle sera plus crédible que l’actuel ? Quels processus auront lieu durant cette « actualisation », et comment les contrôler ? On pourra peut-être recourir à un nouveau discours politique, ou à de nouvelles mesures politiques (de quel type, nous en parlerons à la fin de cet essai) et économiques qui tourneraient directement à l’avantage des citoyens. Cependant, un tel discours et de telles mesures n’auraient pas d’effets instantanés, et on peut suggérer que la plupart des problèmes sociaux à long terme sont précisément l’effet de conséquences imprévues surgies au cours des états intermédiaires des processus de changements sociaux : on n’arrive pas instantanément à la fin recherchée, le chemin est dur, et comme on est souvent obligé de faire la route dans l’autre sens, les conséquences en sont parfois néfastes. Comment pourraient se concrétiser les changements au niveau de la réalité « réelle », quotidienne, de chacun, dans son terroir, ou au milieu des immeubles de La Havane si souvent transformés en ruines ou encore dans les montagnes où parfois il n’y a pas moyen d’obtenir les choses élémentaires les plus indispensables à la vie ?</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Rien que le thème des impôts (mais il y en a bien d’autres), considéré dans sa contradiction (solidarité contre imposition) essentielle et dans toutes les contradictions pratiques/vécues qui lui sont associées dans notre vie quotidienne, est suffisamment complexe et éclairant pour que nous nous rendions compte que, pour parvenir à n’importe quel état souhaitable à partir de l’actuel, il faut passer par toute une série d’étapes, avec le même peuple qui habite aujourd’hui notre île, et qu’il est impossible que les nouvelles institutions – et surtout les nouveaux fonctionnaires qui les soutiendraient (ainsi que les nouveaux travailleurs, les nouveaux contribuables, les nouveaux citoyens en général) – se matérialisent parmi nous à partir du néant, comme un dieu antique descendant sur la scène par le moyen d’une machinerie.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Cette considération est importante pour parvenir à juger d’un oeil critique la vision la plus acceptée de Cuba à moyen terme, où on prévoit en même temps réduire les effectifs de l’État et ses institutions et promouvoir certaines formes de micro-entreprises qui incluent la possibilité d’utiliser une force de travail salariée (dans la restauration </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>cuentapropista</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> [pour son propre compte], par exemple, on a choisi de rendre obligatoire l’embauche de salariés, en écartant d’autres formes plus horizontales d’organisation productive, comme les coopératives). Alors que, à la télévision, on célèbre les grands succès obtenus par des paysans </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>usufructuarios</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> [ceux qui ont la terre en usufruit] aux côtés de leurs journaliers, lesquels « travaillent bien parce qu’on les paie bien », il convient de rappeler que les relations salariales sont toujours construites comme des relations hiérarchiques et autoritaires, où un des deux termes de la relation a bien plus de pouvoir que l’autre (celui-ci est généralement exclu de la prise de décisions quant aux conditions de travail et la gestion de l’affaire en général). </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Une telle situation se complique sur le plan politique parce que, comme le signale bien l’activiste Yasmín Silvia Portales, « nos projets institutionnels </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>doivent</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> être réalisés en quelque dépendance de l’État ou ils atomiseront (les gens) au maximum, parce que dans la logique officielle, il n’y a qu’une identité : la nationale. Alors, sans transformer le modèle qui régit la politique cubaine des associations, </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">on ne pourra pas faire admettre que les personnes </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">ne se lient pas seulement pour des raisons professionnelles, spirituelles ou politiques, mais aussi parce qu’elles sont victimes de la discrimination et que cela est une raison pour se retrouver, une méthode légitime pour s’émanciper (27) </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">». Ainsi, l’étatisme et le libéralisme « dans leur état pur » sont tous deux des visions qui tiennent l’économie et les réalités associatives « spontanées » pour des choses séparées, ce qui conduit à les ignorer ou à les mésestimer, en favorisant du coup l’atomisation sociale.</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Si on doit en croire les réflexions de notables économistes, le débat semble se diriger vers l’idée selon laquelle Cuba requiert une économie mixte avec une forte présence du secteur privé (probablement renforcé avec les investissements de certains Cubains vivant aujourd’hui hors du pays). Une variante plus « dure » semble être la promotion du projet classique de l’« État démocratique de droit » avec une « économie sociale de marché » qui évite les excès autoritaires et ploutocratiques, en garantissant la paix, le consensus et en définitive une maison commune pour tous les Cubains. Les promoteurs de ces projets, qui se présentent comme réalistes, se montrent sceptiques devant d’autres variantes, comme celles qui sont fondées sur l’autogestion des moyens de production par les travailleurs eux-mêmes, la création d’entreprises coopératives, et la conscience claire que, même sous sa forme la plus rudimentaire, et même si elle résout une série de problèmes, l’entreprise privée en engendre bien d’autres, dont le plus persistant est l’aliénation du producteur direct et l’activation de forces virtuellement incontrôlables. Il faut dire cependant qu’il est évident que la traditionnelle économie étatisée et centralisée n’est pas moins problématique. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">D’autres proposent l’économie capitaliste comme la seule possible et nécessaire pour le Cuba du futur, à partir de notions issues de la théorie de la complexité, de l’efficience, du dialogue et de la diversité, de la liberté, des droits des minorités, etc. Pour ceux-là, la liberté est synonyme de capitalisme, une thèse fondée sur l’idée rebattue selon laquelle « chaque personne » (c’est-à-dire l’individu humain, tel que le voit le libéralisme) peut être un entrepreneur s’il possède suffisamment de talent et d’initiative. Outre le pouvoir des oligarchies ploutocratiques dans </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>n’importe quelle</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> partie du monde, ceux-là oublient aussi que le capitalisme actuel n’est plus ce qu’il fut au XIX</span></span></span><span style="color: #000000;"><sup><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">e</span></span></sup></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> siècle, qu’il est devenu bien plus impersonnel que celui-là, puisque pour les entreprises par actions la mathématique, calculable et « objective » notion de gain devient bien plus puissante que la volonté de n’importe quel entrepreneur individuel, la personne du capitaliste lui-même passant au second plan. Le système global est régi par des flux de capital, lequel apparaît de plus en plus comme un sujet autonome globalisé. Et la globalisation est promue habituellement comme quelque chose d’inévitable.</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Ce projet d’« économie de marché solidaire », dotée d’un « bilan de régulation étatique, à côté de programmes de justice et de solidarité sociale », est résumé par un commentateur dans les brèves paroles qui suivent : « La base de cette structure économique est la propriété privée, l’existence d’un groupe d’entrepreneurs avec une conscience sociale, l’investissement étranger sous forme de capital mixte avec des entreprises privées cubaines, le développement industriel et urbain des provinces, la décentralisation du gouvernement, une excellente éducation des nouvelles générations, la discipline sociale et l’obéissance consciente à la loi et l’ordre de tous les citoyens et leur classe politique. Cela ouvrira un grand futur pour notre pays. Tout cela peut être atteint sans problème et n’est pas une utopie sans fondement. » Est-ce que cela est vrai ?</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Je ne voudrais pas jouer les trouble-fête, mais il me semble que ces projets (celui de l’« actualisation du modèle » </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>dans sa version actuelle</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> et celui de la transition au capitalisme) présentent deux problèmes. Un problème de fond, d’abord : ils conçoivent la spiritualité comme </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">un simple ornement chargé d’embellir une </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">économie qui ne se soucierait que de l’intérêt individuel et de l’imposition autoritaire étatique. Ici, nous courons le risque d’être traités d’utopistes, mais en prenant position en tant que chrétien et révolutionnaire, je préfère être l’un et l’autre complètement et pas à moitié, être un homme croyant aux personnes en tant qu’elles sont l’image de Dieu, à l’amélioration humaine par la voie de la communion dans l’action et aux possibilités du changement radical de la société vers un état plus solidaire, « contre les dominations et les puissances de ce monde ». L’autre problème est d’une nature pratique et culturelle (bien que, étant réaliste par vocation, je perçois que, dans le fond, il est consubstantiel au problème antérieur, l’essence de l’être humain étant la capacité de nouer des relations sociales avec les autres) et il découle de toute notre réflexion</span></span></span><span style="color: #ff0000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">antérieure. Imposer des règles sociales par l’entremise du pouvoir étatique </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">s’avère</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> peu efficace, comme le démontre l’histoire cubaine récente. Mais pas seulement celle de Cuba : en 2010 le monde entier a été surpris de voir que, dans une nation traditionnellement tenue pour respectueuse de la loi et considérée comme un véritable parangon en matière d’éthique publique, de vertus domestiques et connue pour ses bas niveaux de corruption – je me réfère au Japon –, on avait révélé l’existence de milliers de cas de fraudes aux retraites, à savoir que les familles de retraités morts depuis quelques années avaient continué de toucher les pensions de retraite pendant des décennies (on a même dit que ces fausses statistiques auraient affecté les chiffres de la démographie japonaise). Et ne parlons même pas de cultures plus proches de nous : les </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>maras</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> d’Amérique centrale et la guerre contre le crime et la corruption au Mexique occupent la une des journaux tous les jours.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Quand l’État se replie, l’« autogestion » adopte des formes informelles, semi-clandestines, subalternes, dominées par le marché bien que non réductibles à lui : des formes </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">privatisées</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, la société s’atomisant une fois que les liens construits « d’en haut » commencent à se défaire. Les gens construisent leurs alternatives organisationnelles « par en bas », mais en opérant en marge des relations formelles et de la légalité, ces formes alternatives se caractérisent par la précarité et leur caractère excluant. L’essor d’un imaginaire privatisé, sans que la solidarité ne trouve une expression institutionnelle adéquate, conduit à la violence, et alors l’État rend les coups en prenant des mesures répressives, qui engendrent néanmoins un consensus favorable à l’imposition de l’ordre par la force, contre les groupes désignés comme causes de la violence. On peut avoir à affronter alors des situations désagréables, quand, par exemple, les majorités sociales troublées peuvent consentir à un Pinochet. Ce n’est pas par hasard si de nombreux défenseurs du libéralisme saluent la possibilité de le voir advenir sous l’égide d’un État autoritaire. Dans ce cas, la situation d’aujourd’hui est impossible : la promotion du libéralisme sans l’invocation d’une répression explicite, qui se présente sous le déguisement d’une liberté sans adjectifs. L’ouverture conduit à la fermeture ; du reste, de plus en plus d’espaces sociaux sont restreints et fermés. Il commence à être évident pour tous que, dans les sociétés fondées sur la propriété privée, la liberté et l’ordre ont aussi leur maître.</span></span></span><span style="color: #ff0000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> </span></span></span></p>
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<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Notre </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Casa Cuba</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> peut adopter une géométrie aussi imprévisible que celle de la figure géométrique </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">du film </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Cube</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> (28)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em> </em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">:</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> </span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">1. On assiste à l’apparition et/ou à l’élargissement de nouveaux secteurs privilégiés, soucieux du maintien commode de leurs privilèges (la commodité inclut d’ignorer/d’écarter ceux qui ne les ont pas).</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">2. Face à tout cela et au possible sous-emploi ou chômage endémique, surgit la nécessité de l’exclusion (de facto) urbaine, raciale, régionale, classiste, de genre : la gentrification.</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">3. Résistance (y compris violente : les bandes) à cette exclusion, et nécessité de la « naturaliser », de l’entretenir, de la « juridiciariser » au besoin.</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">4. Corruption des contrôleurs et collecteurs des impôts (manque de transparence et pouvoir mafieux contre efficacité rationnelle de la bureaucratie), avec le concomitante manque de crédibilité dans les décisions publiques, puisqu’en outre personne ne parle de démonter les privilèges et de socialiser les décisions. </span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">5. Le nihilisme juridique est un obstacle à la production de consensus et de cohésion sociale, et à l’attaque « légale » contre la violence « d’en haut ».</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">6. Relation (potentiellement violente) bandes – affaires privées – corruption : surgissement de mafias locales.</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">7. Crise générale terminale de la crédibilité et fragmentation de l’imaginaire national. </span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">8. À cause de tout ce qui précède – et qui est responsable d’une crise du sens – et de l’augmentation de la violence « d’en bas », nécessité de recourir à la violence « d’en haut », en faisant sortir l’armée </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">dans les rues.</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> Ainsi, les privilèges ploutocratiques nés de l’accumulation non socialisée de ressources sont synonyme d’inégalité rampante et d’exclusion du plus grand nombre, en suscitant la résistance des groupes subalternes ainsi que la nécessité de leur classement (racial, culturel, territorial, régional, urbain, etc.) et imposition d’une dure discipline (violente au besoin). De surcroît,</span></span></span><span style="color: #00b050;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">le scénario analysé inclut d’importants effets sur la subjectivité de ceux qui habitent la </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Casa Cuba</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">.</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">9. L’attitude consumériste généralisée ôte toute crédibilité aux positions sociales (agendas politiques personnels) critiques, créatives et réflexives.</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">10. L’aliénation économique est source de discordes, de recherche d’échappatoires et d’apathie morale.</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">La crise économique n’est pas seulement manque de ressources ou d’alimentation ; elle est manque d’activité, de « protagonisme » dans l’économie, manque d’espaces de créativité. Nous sommes d’accord là-dessus avec les libéraux, mais eux doivent apprendre à se souvenir que l’être humain n’agit </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>jamais</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> seul. C’est pour cela que l’idée que nous avons d’une sortie de crise est très différente de la leur : nous, nous mettons l’accent sur la coopération et la socialisation. Quand on considère que l’« économie » est plus qu’avoir ou ne pas avoir de l’argent mais qu’elle est un véritable univers de production et de gestion produisant des règles éthiques et les possibilités réelles de vie (ou de mort) sociale, on en vient à l’idée que la résolution de la crise éthique est indissolublement liée à la résolution de la crise économique. Et pas seulement dans le sens d’« améliorer le niveau (ou la qualité) de vie (ou du développement humain) », mais dans un sens bien plus profond, comme l’explique Mario Castillo : « N’oublions pas que le libéralisme classique, le néolibéralisme (et le néolibéralisme qu’on est en train de relancer à Cuba) ferme les yeux sur l’analyse des conséquences psychosociales du travail salarié et rendu invisible le fait que le code de gouvernance à l’état pur – depuis la plus petite boutique de cordonniers salariés jusqu’à une industrie de technologie de pointe – repose sur l’autocratie de l’administration/patron qui se passe, chaque fois qu’elle le peut, de la division des pouvoirs et du système représentatif qui est si cher à la démocratie, et auquel les socialistes autoritaires, de Lénine jusqu’à Che Guevara, n’ont rien apporté de nouveau (29)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">. » Est-ce que nous allons continuer, alors, de vivre dans un univers social où la subordination est vue comme un fait inévitable et naturel ou allons-nous faire un saut vers une liberté responsable ? Où nous mènent les libéraux et les technocrates ? Où nous mène la métaphore de la </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Casa Cuba</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, comprise comme espace de partage des libertés ? Comment faire que l’ouverture de certains espaces n’entraîne pas notre désespoir devant toutes les portes qui restent fermées ?</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR">
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Quelles sont, par conséquent, les options spirituelles que nous avons à notre disposition pour aménager notre </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Casa Cuba</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> ?</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">1. Regarder comme « naturelles » les inégalités émergentes et les tensions que celles-ci génèrent. Cette projection inclurait des variantes comme le fatalisme, le racisme, l’infériorité de certaines personnes par rapport à d’autres, l’eurocentrisme culturel, la « naturalisation » de la pauvreté: tout cela conduirait à considérer le « monde de vie populaire » comme un non-sens dans l’ère présente, ou, sur le plan éthique cette attitude qui consiste à penser qu’« ils ont ce qu’ils méritent ». Parce qu’elle est excluante et ségrégationniste, cette option n’est pas compatible avec les stratégies politiques de l’amour.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">2. L’autre option est « faire confiance au progrès », avec toutes sortes de variantes : un léninisme de marché actualisé ou des modèles « démocratiques »-(néo)libéraux ou d’économie sociale de marché/État démocratique de droit), avec un abîme entre les subjectivités (mentalités, valeurs) « retardataires » et les « lois » objectives. Les deux options présument que les universitaires, les planificateurs et décisionnaires savent ce qu’il faut faire et les autres non. Pour ceux qui sont épuisés par l’endoctrinement « collectiviste » imposé du haut, existe alors (a) la variante du </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>deus ex machina</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, l’idée selon laquelle « eux » (le gouvernement ou les ex-émigrés) finiront par tout arranger ou (b) rendre les gens conscients de ce que il n’existe pas d’autres « racines du changement » hors de nous-mêmes. Cela nous amène à considérer le « protagonisme » démocratique du peuple.</span></span></span></p>
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<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>Pour une « Casa Cuba » sans chambres pour les domestiques : valeurs et sens du « protagonisme » du peuple</strong></span></span></span></p>
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<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Yo quiero en juego franco</em></span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Del pensamiento sin tasa</em></span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Ver fabricando la casa</em></span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Rico y pobre, negro y blanco.</em></span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">José Martí</span></span></span></p>
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<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Voir l’être humain comme acteur de la politique, comme un être qui a besoin d’être aimé et capable d’aimer, qui voit dans la politique un des aspects possibles et nécessaires de ses capacités, une perspective qui, pour l’essentiel, s’oppose à celle qui voit dans ce même être humain un atome comptable d’une « population » (d’habitants, de travailleurs, de clients, etc.). Cette approche en termes de « population » est typique des gestionnaires capitalistes mais aussi des systèmes d’État qui ont prétendu construire le royaume des cieux sur Terre par des « orientations » d’en haut et une obéissance aveugle en bas. Le « protagonisme » démocratique du peuple est aussi une « stratégie politique de l’amour », qui met l’accent sur la radicalité de la démocratie et de la liberté humaine au-delà des limites assignées par le libéralisme et le capitalisme en général, et également à rebrousse-poil des modèles étatistes. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Ce à quoi n’est pas parvenu le socialisme d’État dans ses divers modèles est au fait que les collectivités humaines décident par elles-mêmes leurs stratégies publiques, en chargeant du fardeau des décisions les épaules d’une </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>nomenklatura</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> par définition séparée de la société et de plus en plus isolée des communautés où coexistent les personnes (en formant en définitive des communautés élitistes pour leur propre cohabitation et leur auto-socialisation comme classe). Parler d’inclusion et de solidarité est par conséquent parler de plus en plus de « protagonisme » personnel/social, de la socialisation de la prise et de l’exécution des décisions, parce qu’on ne peut rien </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>socialiser</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> effectivement si ce faisant on ne </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>personnalise</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> pas chaque être humain. Dans l’étatisme, l’État décide de tout, et dans le capitalisme, la démocratie s’achève aux portes des usines. À la différence du libéralisme et de l’étatisme, qui séparent et atomisent, le « protagonisme » socialise et personnalise la gestion de la société entière vers tous ses composants humains. Qui prend les décisions personnellement/socialement relevantes, et qui les exécute, devient par conséquent la question-clé, la pierre de touche du « protagonisme » populaire. Et les traits du monde de vie populaire (comme sa capacité de solidarité et d’autogestion) deviennent tout spécialement importantes. Cela étant dit, je crois nécessaire de remettre au goût du jour une notion essentielle, que j’oppose à celle de gouvernance. C’est la vieille notion de l’Ordre (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Ordnung</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> en allemand ancien) : rappelons l’« intérêt propre qu’on prend à la préservation et à la prospérité de l’ordre libre dont nous sommes les membres », de Gibbon. On nous reproche à nous, les libertaires, un mépris congénital pour l’ordre social. Or rien n’est plus faux ! L’ordre qu’on respecte spontanément est le plus solide qui soit. Les institutions historiques du monde de vie populaire (ou ce qu’il en reste) ont beaucoup à voir avec cette question. Pour les réactiver, il faut que les questions publiques deviennent les préoccupations personnelles pour les citoyens (familles, habitants des quartiers, travailleurs, consommateurs, etc.) ; le mise en ordre de la gestion des objectifs partagés doit être construite d’une manière différente à l’atomisation libérale et à la hiérarchie autoritaire-étatiste, ainsi qu’à ses variantes mixtes et </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>light </em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">:</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">1. Créer un réseau de coopératives </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">de consommateurs</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> rendrait plus léger le poids du système de commerce intérieur et </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">encouragerait</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> un contrôle </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>d’en bas</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> sur la gestion commerciale et la satisfaction des besoins de base.</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">2. Remplacer les impôts versés aux caisses centrales de l’État par le partage des quotas progressifs décidé d’un commun accord, où chaque contribuable déciderait dans une déclaration faite sous serment de la destination de son argent, transformerait le système fiscal en un véritable instrument d’autonomie solidaire.</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">3. Organiser de manière participative les budgets comme cela se pratique d’ores et déjà dans certaines villes de notre Amérique.</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">4. Remplacer l’organisation verticale des entreprises étatiques par une véritable autogestion des travailleurs et des habitants des quartiers à tous les niveaux.</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">5. En particulier, transformer les grandes chaînes touristiques, les entreprises qui rendent des services publics et d’autres de portée nationale en sociétés anonymes ayant les municipalités (ou conseils populaires) pour actionnaires (selon des quotas proportionnels à leurs populations).</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">6. Et que ces entités territoriales puissent former des fédérations pour résoudre en commun leurs problèmes communs.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">7. Promouvoir une véritable liberté d’expression, de création et d’autoorganisation dans un environnement de respect à la diversité culturelle du peuple cubain, tels sont seulement quelques-uns des remèdes possibles contre la dégradation de notre </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>ethos</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> social. </span></span></span></p>
<p lang="fr-FR">
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Comprendre la </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>souveraineté populaire/nationale comme synonyme de l’exercice total des droits humains par tous les citoyens sur tout le territoire du pays</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> sera l’effet réel de ces </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">procédures</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> et la condition de la conservation de l’ordre et la paix à Cuba. Insister sur le réalisme de la promotion de variantes de l’économie et de politiques solidaires (autogestion sur le lieu de travail, coopératives, auto-entreprises, budgets participatifs, auto-gouvernement communautaire), ne signifie pas nier la possibilité que celles-ci opèrent dans un économie mixte. Reconnaissons que à Cuba et dans le système-monde actuel (c’est-à-dire capitaliste), la propriété privée fait inévitablement partie du panorama. Ce qui me paraît important, en revanche, c’est que cette dernière n’impose pas la logique générale du système. Cependant, si elle peut représenter dynamisme, initiative, esprit entrepreneurial et, à la longue, un droit humain (des épithètes qui valent également pour les autres formes que nous avons mentionnées), cela cesse d’être vrai quand on passe des entrepreneurs individuels aux grandes sociétés.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Un argument conservateur alternatif serait que – étant donné la détérioration actuelle de l’ethos et du civisme –, la seule alternative viable à la démocratie socialiste/personnaliste (alternative utile pour ceux « d’en bas » en cas de transition au capitalisme) est la gouvernance par la répression. Pour nous, une telle démocratie permet une issue pacifique et cordiale à la crise, puisque le capitalisme éloignerait immédiatement le pays de la possibilité d’un ordre non ploutocratique, via des explosions sociales et la répression subséquente qui mènerait Cuba à la condition classique d’un État manqué. Nous ne pouvons importer les institutions de la Suède ou de la Chine, puisqu’il faudrait remplacer les habitants de notre archipel par les natifs de ces pays. On pourrait continuer d’argumenter pour savoir où est la réalité et où l’utopie mais je préfère recourir à un professeur libéral italien du XX</span></span></span><span style="color: #000000;"><sup><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">e</span></span></sup></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> siècle : « Nous savons aujourd’hui que la démocratie progresse non pas tant en proportion avec l’extension simplement quantitative du suffrage que proportionnellement à la multiplication des institutions d’autogouvernement (30)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">. » Ce même auteur écrivit longuement sur la coutume démocratique comme la véritable base d’une Constitution. </span></span></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">De sorte que la pratique constante des libertés, la liberté personnelle de chacun, solidaire des autres (la seule façon de faire que le mot « socialisation » ait un sens), est la garantie de l’apprentissage des libertés elles-mêmes et d’une vie éthique de coexistence. C’est cela qu’ont affirmé des penseurs laïques séculiers, depuis Emmanuel Kant jusqu’à Rosa Luxemburg et Cornelius Castoriadis. C’est ainsi qu’on peut mettre sur pied une stratégie politique pour l’amour.</span></span></span></p>
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<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>Équité, « protagonisme », éthique : sens d’une métaphore</strong></span></span></span></p>
<p lang="fr-FR">
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Conduire la société à la justice sociale n’est pas résoudre de façon optimale le problème d’une « juste » redistribution du bien social entre individus privés, mais produire les possibilités pour que les gens eux-mêmes s’engagent dans la création de meilleures conditions de vie pour eux-mêmes, en incluant la satisfaction de ses propres besoins, le « protagonisme » dans la prise et l’exécution de décisions sociales, et en général donner du sens à sa propre vie. Comme le disait Cornelius Castoriadis, une société juste est celle où la question de la justice se trouve ouverte en permanence.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">La métaphore de la </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Casa Cuba</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> nous renvoie à un idéal de réconciliation. Le message évangélique enseigne que la réconciliation avec soi-même est impossible sans la réconciliation avec son prochain. L’histoire des grandes révolutions nous enseigne que le rapt de l’autonomie des « masses » (j’utilise le terme à dessein) par une élite ankylosante qui concentre tout le pouvoir entre ses mains transforme la trajectoire historique du processus en « chronique d’une mort annoncée ». Par conséquent, la réconciliation de la révolution avec elle-même (ce qu’on a coutume d’appeler « autocritique ») est impossible sans une réconciliation de cette élite avec les principes radicaux qui donnèrent origine au processus (principes qui supposent, bien évidemment, qu’on cessera d’être une élite). Le respect pour le prochain dans les quartiers et sur les lieux de travail, la cohabitation dotée de sens, tout cela n’est possible que si les espaces de décision sont les mêmes espaces où il y a cohabitation : ceux qui décident de tout dans chaque pièce et dans la maison entière sont ceux-là mêmes qui y habitent (31)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Ainsi, l’architecture souhaitable de notre </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Casa Cuba</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> n’admet pas de distinctions entre les chambres pour les maîtres et les chambres pour les domestiques. L’espace politique (où on prend et où on exécute les décisions, avec la dose légitime de remise en cause radicale que le terme « politique » renferme) coïncide alors avec l’espace de socialisation (où les gens naissent, où ils sont élevés, éduqués et où ils cohabitent, dans leurs moments heureux et difficiles, où s’élaborent les sens de la vie elle-même, etc. : un point de départ et d’arrivée des aventures personnelles, l’idée de foyer dans sa signification la plus émouvante). Voilà la plus belle réconciliation à laquelle nous pouvons aspirer. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Nous avons exploré la versatilité d’une belle métaphore, juste à partir de ce point où convergent un processus de révolution et un processus de réconciliation. Un </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>point d’attraction</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> de l’espace-temps social qui, en tant que tel, a le pouvoir d’</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">organiser à partir de </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">l’imaginaire les trajectoires complexes des processus historiques. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Un point de l’espace-temps social qui porte la menace de la ruine, du retour des vieux fantasmes de la discorde civile, etc., mais qui, à cause de ce même état-limite, nous appelle à l’exercice de l’espérance. Est-ce que ce sera une espérance-tentation, comme dans le mythe de Prométhée, ou une espérance-rédemption, comme dans les lettres de Paul de Tarse ? Cela ne tient qu’à nous, habitants de la </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Gran Casa</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, d’opter pour l’une ou pour l’autre. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">Une maison située à l’abri des ailes de l’« ange de la </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>jiribilla</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> » (32)</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> de Lezama Lima et du grand </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Angelus Novus</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">, le tragique détecteur de l’Histoire, avec ses ailes écrasées par le vent, que Walter Benjamin entrevit dans ce tableau de Klee. Ils sont là tous les deux, aux deux extrêmes du plan où on aperçoit le nouveau </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;">dessin</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"> du foyer, comme ces chérubins qui veillent sur l’Arche de l’Alliance.</span></span></span></p>
<p lang="fr-FR">
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>Dmitri Prieto Samsónov</strong></span></span></span></p>
<div id="sdfootnote1">
<p>__________________________</p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">1</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Le titre de cette chanson fait référence au quartier de La Havane, El Cerro ou Cerro tout court. « Cerro cerra’o » est la contraction populaire de « Cerro cerrado », soit « Cerro fermé ». (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>N.d.T.</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">)</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> 2</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Mot formé sur « jinetera », un terme qui désigne les jeunes femmes qui, sans être des prostituées habituelles, vendent leurs charmes aux touristes. (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>N.d.T.</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">)</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> 3</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Le mot « palestino » désigne, de façon péjorative, les « Orientaux », les habitants de la partie orientale de l’île, la plus « colorée » de Cuba. (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>N.d.T.</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">) </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">4</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. De « fiarse », se fier de quelqu’un, lui faire confiance. Il s’agit ici du crédit dont disposent les clients fixes chez certains commerçants, de « l’ardoise », selon l’expression consacrée en France. (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>N.d.T.</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">) </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">5</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Terme proposé par Yasmín Silvia Portales Machado. </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">6</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Je me souviens d’une expérience vécue quand je donnais des cours de « Philosophie et société » dans une Université municipale : une jeune étudiante énonça, à ma grande surprise, le suivant </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>dictum </em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">: « Bush n’applique pas bien le marxisme. » Pour elle, il n’y avait pas d’incohérence dans le fait que Bush ne puisse pas être marxiste : le problème était qu’il n’appliquait pas correctement cette doctrine. 7</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Le verbe «</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em> resolver </em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">» exprime la nécessité ressentie par la plupart des Cubains de « </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>salir adelante</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> », de s’en sortir par tous les moyens possibles. (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>N.d.T.</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">) 8</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Nom donné aux bandes de jeunes délinquants en Amérique centrale. (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>N.d.T</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">.</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">)</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> 9</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Voir </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>supra</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">, note 3. (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>N.d.T</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">.) </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"> </span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">10. </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>Nuestra América</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> est le titre d’un essai écrit par José Martí en 1891. (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>N.d.T.</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">)</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> 11</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Pour Marx, l’organisation des paysans est semblable à celle « des patates dans un sac de patates ».</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"> </span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">12</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Domingo Faustino Sarmiento (1811-1888), écrivain et homme politique (il fut le septième président de la République argentine). Dans </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>Facundo</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">, son œuvre majeure, consacrée à la critique du dictateur Juan Manuel de Rosas, il opposait l’Argentine de la « civilisation » et des Lumières, celle des grandes villes, à l’Argentine de la « barbarie », celle des gauchos des campagnes les plus reculées. (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>N.d.T</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">.) </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"> </span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">13.</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> Lequel vit dans le </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>mir</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> – la communauté paysanne russe – une possible base économique et éthique pour la révolution socialiste libertaire dans ce pays, mais qui fut capable en même temps de critiquer son caractère patriarcal et excluant, une donnée qui concorde avec mon argumentation postérieure. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">14</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Anthropologue et anarchiste nord-américain, auteur en particulier de </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>Fragments of an Anarchist Anthropology</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> (paru en 2004, et traduit en français sous le titre </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>Pour une anthropologie anarchiste</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">, en 2006, aux éditions Lux) et </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>Debt:the first 5,000 Years</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> 15</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Nom donné aux guérilleros cubains favorables à l’indépendance de l’île. D’après l’anthropologue cubain Fernando Ortiz, le mot proviendrait de </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>mbi</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">, un mot bantou, la langue d’une grande partie des esclaves noirs amenés à Cuba. (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>N.d.T.</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">)</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> 16</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Mot construit sur « socio » (ami, partenaire) afin de désigner les échanges de faveurs entre « copains », principalement pour accélérer les procédures bureaucratiques, obtenir des privilèges ou avoir accès à des biens rares. Le mot est évidemment une déformation de « socialismo ». (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>N.d.T.</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">) </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">17</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Autrement dit, typiquement cubaine. (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>N.d.T.</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">) </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">18</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Membre de la confrérie Abakuá, qui en 1871 avait déjà </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">– et ce depuis une décennie – un caractère intégrationniste, incluant en son sein tant les Noirs que les Blancs, les métis et les Asiatiques. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">19</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Varela, Félix, </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>Obras,</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> tome I, Editora Política, La Havane, 1991. [Félix Varela y Morales (1788-1853), curé au séminaire de La Havane, philosophe et politique, est tenu pour un des « pères » de la nation cubaine. (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>N.d.T</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">.)]</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> 20</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Gibbon, Edward, </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>The Decline and Fall of the Roman Empire</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">, Wodsworth, Ware, 1998. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"> </span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">21.</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> En tant que psychologue, le père Alejandro Moreno a mis en circulation l’aphorisme suivant : « Seul ce qui est affectif est effectif. »</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> 22.</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> D’un point de vue anthropologique parlant, ces thèses d’origine marxiste peuvent être enrichies par les très intéressantes réflexions de Kropotkine, Malatesta, Max Weber, Durkheim, Mauss, et autres, mais je préfère ne pas entrer ici dans des considérations théoriques. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">23.</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> Comme l’affirma Marcelo « Liberato » Salinas, « plus que l’amour de la patrie, fait populaire, profondément ressenti, qui n’a pas besoin des subsides de l’État pour exister, on a renforcé de plus en plus le culte de l’État qui naquit à partir de l’instrumentalisation des conquêtes populaires de la Révolution de 1959 ». </span></span></span><a href="http://observatoriocriticodesdecuba.wordpress.com/2011/08/12/respuesta-al-doctor-enrique-ubieta-de-un-anarquista-del-observatorio-critico/"><span style="color: #0011e9;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">(http://observatoriocriticodesdecuba.wordpress.com/2011/08/12/respuesta-al-doctor-enrique-ubieta-de-un-anarquista-del-observatorio-critico/</span></span></span></a><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">). </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">24</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. « Cela a lieu bien que des gens, au XIX</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">e siècle, aient mis en garde contre les inconvénients dérivés des différences culturelles. Par exemple, Sainz de Bujanda nous rappelle ce que le journaliste et poète Carducci écrivait dans </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>La Gazzetta dell´Emilia</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> du 23 septembre 1893 : « En matière fiscale, et plus précisément en ce qui concerne les impôts du fonciers, les nouvelles provinces connaissaient la plus scrupuleuse honnêteté de la part des contribuables. Avec le changement de régime, les fonctionnaires italiens, après avoir remplacé les autrichiens, appliquèrent le principe de “l’incertitude systématique” en augmentant toujours les sommes déclarées. Cela produisit d’abord la stupeur des habitants de Trente et de Trieste, lesquels, trouvèrent bien vite la parade : s’habituer, hélas, à mentir, à l’instar de leurs frères des vieilles provinces du Sud. » (Del Percio, </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>op. cit</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">.) </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">25</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Le fait de devenir civilisé. (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>N.d.T</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">.) </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">26</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Dans un rapport du début de ce siècle, le </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">CIPS [en français, Centre de recherches psychologiques et sociales] apportait la preuve de ce que seuls 5 % des Cubains vivent de l’argent qui leur vient de leur salaire. Pour le mensonge dans la société cubaine, on lira le témoignage d’Amrit « La piedad de la mentira » sur le blog de l’Observatoire critique.</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> 27</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. « Ne pas avoir un agenda politique personnel, c’est renoncer à faire des rêves » (blog de l’Observatoire critique). </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"> </span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">28</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>Cube</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">, film canadien de science-fiction de Vincenzo Natali (1997). (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>N.d.T</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">.)</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> 29</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Voir le dossier de la revue </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>Espacio Laical</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> sur l’espérance. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">30.</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> Bobbio, Norberto, </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>Tra due Repubbliche</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">, Donzelli, Roma, 1996. </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"> </span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">31.</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"> Ou, pour le dire en termes sociologiques, « les espaces de décision doivent coïncider avec les espaces de socialisation ». </span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">32</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">. Dans le parler populaire cubain, « jiribilla » a plusieurs acceptions, qui sont toujours liées à l’idée de mouvement, d’activité intense, de brio, de drôlerie, de sympathie, etc. L’ange de la « jiribilla » apparaît pour la première fois chez Lezama dans l’essai « A partir de la poesía » (recueilli dans le livre </span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>La cantidad hechizada</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">, paru en 1970 à Cuba). Cet ange est doté des caractéristiques essentielles de l’identité culturelle cubaine, profondément métissée, capable de passer d’un registre à l’autre, du plus populaire au plus cultivé. (</span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><em>N.d.T</em></span></span></span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;">.)</span></span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: x-small;"><br />
</span></span></span></p>
</div>
<h2><span style="font-weight: normal;"><strong><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/Couverture.dernière2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-8570" title="Mise en page 1" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/Couverture.dernière2.jpg" alt="" width="238" height="334" /></a></strong></span><span>Cuba. Révolution dans la révolution</span></h2>
<p><strong>Texte extrait du livre édité par Miguel Chueca, Karel Negrete et Daniel Pinós </strong></p>
<p><em>Cuba, révolution dans la révolution</em> qui prolonge le livre de Frank Fernández,<em> L’Anarchisme à Cuba</em>, paru aux éditions CNT-RP en 2004, vise à faire connaître aux lecteurs français les divers protagonistes du mouvement contestataire cubain puisque, à côté des écrits issus de certains des soutiens dont il dispose hors de l’île, la plupart des textes recueillis ici procèdent de Cuba même, de sa gauche hétérodoxe, sociale et libertaire. Les promoteurs de ce volume n’ont pas souhaité s’en tenir au seul domaine de la réflexion politique et c’est pourquoi, outre des essais consacrés à la critique des « réformes » en cours à Cuba après l’effacement de Fidel Castro ou à l’exposition de propositions programmatiques en faveur d’un socialisme démocratique et participatif, on trouvera ici des textes relatifs aux questions du racisme et de l’homosexualité à Cuba, à la charge subversive des nouveaux courants musicaux (rap et hip-hop), à l’introduction des cultures génétiquement modifiées ou encore à l’étonnante impulsion donnée par le régime à la construction de terrains de golf pour millionnaires.</p>
<p>Ces textes sont dus principalement aux activistes regroupés autour de l’Observatoire critique de la Révolution cubaine, un vaste réseau qui inclut des militants de tendances diverses, socialistes d’obédience marxiste et socialistes libertaires, écologistes radicaux, etc., qui sont parvenus à coexister dans le respect de leurs différences. Malgré les difficultés inhérentes à l’existence d’un régime profondément autoritaire, les uns et les autres tentent depuis quelques années déjà de présenter une critique raisonnée du régime en place et d’oeuvrer à ce que l’après-castrisme ne ressemble pas, ou ressemble le moins possible, à ces divers « modèles » – ou plutôt « contre-modèles » – qui, en Russie, en Chine et ailleurs, ont remplacé les régimes abusivement et improprement appelés « communistes » par les porte-parole de l’ordre (capitaliste) établi.</p>
<p><strong>Éditions CNT-RP</strong></p>
<p><strong>328 pages, 18 €</strong></p>
<p><strong>ISBN 978-2-915731-31-4</strong></p>
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		<title>“COMPENDIO”. LE RECUEIL DE TEXTES DE L’OBSERVATORIO CRÍTICO DU 2 MAI 2013</title>
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		<pubDate>Fri, 03 May 2013 13:16:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Enrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[
“Compendio”. Le recueil de textes et de notes publiés depuis Cuba et pour Cuba par l’Observatoire critique. Pour un socialisme participatif, démocratique, révolutionnaire et libertaire !
Nous publions à chaque parution à La Havane “Compendio”, nous vous offrons ici le dernier numéro du 2 mai 2013 :
COMPENDIO OC MAYO 02_2013
Télécharger les précédents numéros publiés en 2011 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong><em><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/Kenny.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8556" title="Kenny" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/Kenny.jpg" alt="" width="535" height="353" /></a></em></strong></p>
<p><strong><em>“Compendio”. Le recueil de textes et de notes publiés depuis Cuba et pour Cuba par l’Observatoire critique. Pour un socialisme participatif, démocratique, révolutionnaire et libertaire !</em></strong></p>
<p>Nous publions à chaque parution à La Havane “Compendio”, nous vous offrons ici le dernier numéro du 2 mai 2013 :</p>
<p><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/COMPENDIO-OC-MAYO-02_2013.pdf">COMPENDIO OC MAYO 02_2013</a></p>
<p><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/COMPENDIO-OC-MAYO-02_2013.pdf"></a>Télécharger les précédents numéros publiés en 2011 et 2012 :</p>
<p><a href="http://observatoriocriticodesdecuba.wordpress.com/compendios-oc-2012/#comment-5669">http://observatoriocriticodesdecuba.wordpress.com/compendios-oc-2012/#comment-5669</a></p>
<p><a href="http://observatoriocriticodesdecuba.wordpress.com/compendios-oc/#comment-5668">http://observatoriocriticodesdecuba.wordpress.com/compendios-oc/#comment-5668</a></p>
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		<title>Sers-toi, ton capitalisme est ici</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 16:21:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Enrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>

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		<description><![CDATA[
Le régime castriste a bien confirmé sa volonté d&#8217;introduire plus de souplesse dans son économie. Selon les dirigeants, on ne peut pas parler de réformes, mais d&#8217;une &#8220;actualisation du socialisme&#8221;. L&#8217;État a autoriser l&#8217;ouverture de petits commerces privés. L&#8217;offensive libérale touche tous les secteurs de la société cubaine. 
L&#8217;économie cubaine cherche un nouveau souffle. Tenue à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/perez.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8561" title="perez" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/perez.jpg" alt="" width="528" height="349" /></a></strong></p>
<p><strong>Le régime castriste a bien confirmé sa volonté d&#8217;introduire plus de souplesse dans son économie. Selon les dirigeants, on ne peut pas parler de réformes, mais d&#8217;une &#8220;actualisation du socialisme&#8221;. L&#8217;État a autoriser l&#8217;ouverture de petits commerces privés. L&#8217;offensive libérale touche tous les secteurs de la société cubaine. </strong></p>
<p><strong>L&#8217;économie cubaine cherche un nouveau souffle. Tenue à plus de 90% par l&#8217;État, elle est gangrenée par la corruption. Le marché noir y règne en maître et elle est plombée par l&#8217;imposante bureaucratie locale. Isolé depuis 48 ans par l&#8217;embargo américain, Cuba est fortement dépendante des importations. Le président Raoul Castro souhaite relancer la production locale notamment dans le secteur agroalimentaire. C&#8217;est pourquoi il envisage de redéployer des emplois. Près d&#8217;un million de postes de fonctionnaires devrait ainsi disparaître notamment dans les secteurs de la santé et de l&#8217;éducation. Ces personnes seront redirigées vers des domaines où la main d&#8217;oeuvre fait défaut.</strong></p>
<p><strong><span id="more-8525"></span>Ces changements se traduisent dans la rue à travers un certain de nombres signes et de symboles qui illustrent l&#8217;évolution cubaine vers le capitalisme, une rupture totale avec les principes fondateurs de la Révolution. </strong></p>
<p><strong><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/image0013.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-8526" title="image0013" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/image0013.jpg" alt="" width="218" height="291" /></a>Ci-contre une affiche de la Centrale des travailleurs cubains (syndicat unique relié directement au Parti communiste cubain, le parti unique). Le texte : &#8220;Si tu produis, NOUS aurons plus de recettes&#8221;&#8230; Cette affiche a été créée par <strong>la Centrale des travailleurs cubains </strong>lors de son 20e congrès.</strong></p>
<p><strong>La seconde photo ci-dessous à droite a été prise face au Capitol, à l&#8217;entrée du local des éditions Abril de l&#8217;Union des jeunesses communistes de Cuba. &#8220;Le héros de la classe des travailleurs&#8221; s&#8217;affiche en vitrine à la manière d&#8217;un squelettique rappeur de Miami.</strong></p>
<p><strong><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/image0033.jpg"><img class="size-full wp-image-8531 alignright" title="image0033" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/image0033.jpg" alt="" width="137" height="321" /></a>Photo en bas à gauche : sur le stand d&#8217;un petit libraire privé, sur la rue Monte à La Havane. Parmi les livres : Traîtés de spiritualité afro-ancestrale&#8230; La loi de sécurité routière&#8230; Cuisine et cocktails&#8230; La privatisation, la clef pour un meilleur gouvernement !&#8230; Les produits d&#8217;importation foisonnent, les étales sont envahis par des ouvrages de seconde main, tous les sujets sont proposés, le capital de Marx en 18 volumes est bradé, les traités d&#8217;économie libérale sont fort prisés.</strong></p>
<p><strong><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/image00122.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-8548" title="image0012" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/image00122.jpg" alt="" width="171" height="228" /></a>L&#8217;île souffre aussi d&#8217;un déficit de devises car avec la crise économique internationale, les touristes sont moins nombreux. Cette activité représente normalement 2 milliards de dollars de recette chaque année. Pour rendre la destination Cuba plus attractive, le gouvernement va lancer un programme de construction de 16 terrains de golf avec des villas. Pour la première fois depuis les années 1990, des étrangers pourront y acquérir des maisons.<br />
Reste à savoir si cette ouverture vers le capitalisme va réellement porter ses fruits, c&#8217;est-à-dire renflouer les caisses de l&#8217;Etat et </strong><strong>offrir un peu plus de bien être et de liberté aux Cubains.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
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		<title>Et ce n&#8217;est pas l&#8217;Amazonie</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 13:52:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Enrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>

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		<description><![CDATA[“Je me disais : quand nous aurons construit le communisme, l&#8217;étape des révolutions sociales aura disparu, mais alors il restera une énorme, une grande et infinie révolution à faire, et c&#8217;est la révolution contre les forces de la nature. Et la révolution de la nature ne finira jamais !”
Fidel Castro, discussion avec des étudiants de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>“Je me disais : quand nous aurons construit le communisme, l&#8217;étape des révolutions sociales aura disparu, mais alors il restera une énorme, une grande et infinie révolution à faire, et c&#8217;est la révolution contre les forces de la nature. Et la révolution de la nature ne finira jamais !”</strong></p>
<p><em><strong>Fidel Castro, discussion avec des étudiants de l&#8217;Université Lomonosov, de l&#8217;Union soviétique aujourd&#8217;hui disparue</strong></em></p>
<p><strong>“Et chaque année, seront de plus en plus nombreuses les rivières que nous endiguerons, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il ne reste pas même un ruisseau à endiguer, jusqu&#8217;à ce que soit accomplie le projet qui permette qu&#8217;aucune goutte d&#8217;eau aille à la mer, c&#8217;est là le grand objectif de cette organisation, c&#8217;est le but ultime”</strong></p>
<p><em><strong>Fidel Castro, Deuxième anniversaire de l&#8217;Institut de ressources hydrauliques</strong></em></p>
<p><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/era1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-8511" title="era1" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/era1.jpg" alt="" width="288" height="151" /></a>Les barrages perturbent et portent atteinte à l&#8217;environnement naturel et humain ; le barrage Armée rebelle, le plus grand plan d&#8217;eau de la capitale, n&#8217;est pas le dernier sous cet aspect.</p>
<p>Pour sa construction les habitants d&#8217;une ancienne ville appelée La Chorrera ont été déplacés, des ressources ont été gaspillées pour élever une méga muraille, la  santé de l&#8217;Almendares (la rivière principale de la ville) a été mise en péril pour toujours, ainsi qu&#8217;une frange de la forêt qui l&#8217;accompagnement jusqu&#8217;à l&#8217;embouchure.</p>
<p><span id="more-8509"></span>En outre, durant la saison des pluies, le barrage déborde et entrave la circulation sur une avenue principale de la capitale : calle 100.</p>
<p>Bref, un désastre et un travail bâclé (je ne les ai pas tous compté), mais l&#8217;erreur est faite et selon les hydrologues le barrage joue un rôle de soutien au très détérioré bassin Vento-Almendares qui alimente en eau potable près de la moitié de la population de la capitale.</p>
<p>Et si le barrage est construit et sa fonction est vitale, ce qui est important aujourd&#8217;hui c&#8217;est de le protéger. Quelqu&#8217;un, un quelconque ministère ou une quelconque institution se charge de cette tâche? Sur le papier, oui, bien sûr, mais je me réfère aux choses concrètes.</p>
<p>Les réservoirs d&#8217;eau, les rivières, les barrages, les lacs et les bassins hydrauliques doivent être entourés, dans la mesure du possible, par une bande forestière. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un groupe d&#8217;arbres plantés sur la rive, mais de tout un écosystème qui empêche l&#8217;érosion et le déplacement des sols, la sédimentation des cours d&#8217;eau, l&#8217;envasement et la pollution des eaux, de garder le fleuve en vie et en bonne santé.</p>
<p>Pour cette raison, il y a des lois et des règlements qui interdisent et punissent l&#8217;abattage de cette frange, et toute activité humaine qui met en danger la forêt, surtout si la qualité de l&#8217;eau qui alimente une ville est en jeu.</p>
<p>Le barrage Armée rebelle n&#8217;a pas eu beaucoup de chance dans ce domaine. Dans les années 80, une certaine société d&#8217;État a planté des milliers d&#8217;arbres dans le voisinage de la grande flaque de la capitale.</p>
<p><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/era2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-8513" title="era2" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/era2.jpg" alt="" width="258" height="342" /></a>Ceux qui ont planifié et entrepris la reforestation semble avoir répondu à un plan élaboré, ils ont massivement planté une seule espèce d&#8217;arbres  trop envahissantes et considérées et classées par les botanistes comme indésirable : Leucaena (ipil-ipil).</p>
<p>Une autre chose bâclée, mais pas la dernière.</p>
<p>Sans que personne ne s&#8217;occupe d&#8217;eux, les ipilitos ont grandi au hasard, mais quand ils sont devenus des arbres de belle stature a commencé l&#8217;abattage sans contrôle pour un profit personnel. Peu importe le bruit fait par la tronçonneuse, la hache ou l&#8217;arbre qui tombe à la lumière du jour, le garde-forestier n&#8217;est jamais venu. Il était peut-être dans son bureau en train de rédiger le rapport de fin de mois, ou peut-être qu&#8217;il n&#8217;a jamais existé.</p>
<p>Même une forêt d&#8217;espèces envahissantes et indésirables a sa valeur. Sous son ombre vivaient ensemble d&#8217;innombrables espèces d&#8217;animaux et de plantes. C&#8217;était aussi un lieu accueillant, frais et avec une certaine magie. Chaque fois que j&#8217;avais un moment j&#8217;allais m&#8217;y promener, seul ou avec des amis.</p>
<p>Lorsque l&#8217;abattage a commencé, j&#8217;ai cherché un moyen d&#8217;avertir les institutions chargées de sa protection. Il y a deux ans, j&#8217;ai réussi à contacter les responsables des services forestiers, y compris le directeur provincial. Je l&#8217;ai informé de ce qui se passait, mais depuis les choses ont empiré.</p>
<p>À partir du moment où a eu lieu la distribution des terres en usufruit, à proximité du barrage, a commencé le morcellement. Maintenant, des barbelés bloquent le passage et le bétail peut paître là où poussait autrefois une forêt avec une fonction hydrologique clé.</p>
<p>Il semble que ni un capitalisme sauvage, ni un gouvernement néolibéral ne soient indispensables pour que les ressources appartenant à la nation soient mises au service des intérêts privés ayant pour médiateurs une foule de bureaucrates. Peu importe si ce qui est en jeu, c&#8217;est la qualité de l&#8217;eau potable que boit la moitié de la ville.</p>
<p><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/era3.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-8514" title="era3" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/era3.jpg" alt="" width="256" height="342" /></a>Remarques:</p>
<p>* Afin de comprendre la gravité du problème, je recommande un rapport de GEOCuba (Évaluation de l&#8217;environnement cubain. Chapitre 2) réalisé en 2009 lorsque la situation n&#8217;était pas aussi dramatique. Je joins quelques notes que j&#8217;ai extrait.</p>
<p>- Selon les informations du Plan spéciale d&#8217;espaces verts (DPPF, 2001), dans la région du bassin Vento-Almendares  correspondant à La Havane, la zone couverte représente seulement 13% du total, ce qui n&#8217;est pas suffisant compte tenu des problèmes d&#8217;érosion qui se manifestent dans ce domaine.</p>
<p>- Selon l&#8217;échelle, la présence et l&#8217;étendue touchée, l&#8217;Almendares sont évalués comme extrêmement touchés.</p>
<p>- Au cours des cinq dernières années, la zone déboisée qui se rapporté (à la capitale) a augmenté de près de 1000 ha. Par ailleurs, selon la même source, la superficie forestière a été affecté sur 333 ha, dont 13,7 ha par incendies de forêt et 319,3 ha pour d&#8217;autres causes telles que la mauvaise gestion des plantations et l&#8217;inattention sylvicole&#8230;</p>
<p><strong>Erasmo Calzadilla</strong></p>
<p><em>Publié dans</em><strong><em> </em></strong><strong><em><a href="http://www.havanatimes.org/sp/?p=83652">HAVANA TIMES</a></em></strong></p>
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		<title>Les capitaux étrangers de nouveau « bienvenus » à  Cuba</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2013 13:29:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Enrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>

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		<description><![CDATA[Le gouvernement cubain a rendu public le règlement des opérations commerciales concernant la première zone industrielle de libre-échange dans le pays.
Le 4 avril dernier fera date pour tous ceux qui attendaient un certain décollage économique à Cuba. En effet, le gouvernement de l’Ile a publié les différents points d’un de ses projets les plus ambitieux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/mariel-11.jpg"><img class="size-full wp-image-8500 alignleft" title="mariel-11" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/mariel-11.jpg" alt="" width="266" height="177" /></a></strong>Le gouvernement cubain a rendu public le règlement des opérations commerciales concernant la première zone industrielle de libre-échange dans le pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 4 avril dernier fera date pour tous ceux qui attendaient un certain décollage économique à Cuba. En effet, le gouvernement de l’Ile a publié les différents points d’un de ses projets les plus ambitieux : la création de la  Zone Spéciale de Développement de Mariel, située sur le port du même nom (à 60km à l’ouest de la capitale).</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-8499"></span>La publication du règlement des opérations commerciales concernant la première zone de libre échange du pays peut être considérée comme une invitation plus précise aux capitaux étrangers, susceptibles d’investir à Cuba et d’y oxygéner ainsi son économie.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Ministère des Finances et des Prix a précisé dans la « Gaceta Oficial » que la zone en question bénéficierait d’un régime douanier spécial pour importer, produire et vendre des marchandises, tant sur le marché national qu’international. D’autres part, les sociétés qui voudraient opérer sur cette zone verraient « certaines marchandises » exemptées d’impôts d’importation, puis ces dernières seraient réexportées avec une meilleure valeur ajoutée.</p>
<p style="text-align: justify;">Grâce à ce projet, c’est l’industrie aéronautique, celle des matériaux de construction, des appareils électriques et électroniques, du textile, du meuble, l’industrie alimentaire et d’autres encore qui pourraient s’implanter. La zone, en tant que concessionnaire, offrira à la location des lots industriels, commerciaux ainsi que des magasins. De la même façon, on pourra y construire des navires industriels, fournir de l’électricité, de l’éclairage public, proposer des services de téléphonie et de la restauration. D’autre part, elle offrira aussi des show-rooms, des bureaux ainsi que la possibilité d’effectuer des démarches pour l’obtention de permis ou d’autres services administratifs.</p>
<p style="text-align: justify;">« Toutes les personnes juridiquement installées sur le territoire national peuvent bénéficier des régimes précédemment cités, dès l’instant qu’elles remplissent les conditions établies par le présent règlement », indique le texte du 04 avril. Il y est ajouté que les entreprises qui réaliseraient des exportations avantageuses pour l’économie nationale, pourraient bénéficier du remboursement des droits d’exportation.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/mariel-2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-8501" title="mariel-2" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/mariel-2.jpg" alt="" width="296" height="195" /></a>La Zone Spéciale de Développement de Mariel -dont le coût approximatif est de 900 millions de dollars- pourrait voir le jour grâce au co-financement du Brésil et de Cuba (à hauteur du 70% pour le Brésil et de 30% pour Cuba).</p>
<p style="text-align: justify;">Un « méga-port » fait aussi partie du projet : sa construction doit débuter ce mois-ci et il remplacera celui qui sert actuellement au commerce maritime dans la Baie de La Havane. Et les habitants de la capitale en rêvent depuis longtemps.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Ile commença à s’ouvrir aux investissements étrangers à partir de 1993. Cela faisait partie d’une série de mesures pour pallier aux effets de la « Période Spéciale ».</p>
<p style="text-align: justify;">En novembre 2012, lors de l’inauguration de la 30ème Foire internationale de La Havane, Rodrigo Malmierca, le ministre des Investissements Etrangers et du Commerce Extérieur, a déclaré que l’ouverture de cette « zone franche » est à envisager dans le cadre des réformes économiques du président Raúl Castro. Elle vise à « augmenter les exportations en remplacement des importations » et représente «  une opportunité intéressante pour les capitaux étrangers » dont l’apport est aujourd’hui essentiel pour le pays et le sera également à l’avenir.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Habana XXI</strong></p>
<p style="text-align: justify;">_________________</p>
<p style="text-align: justify;">Habana XXI s’efforce de retranscrire, que ce soit par l’image, le son, ou l’écrit, la vie quotidienne de La Havane et de Cuba à un public hétéroclite, curieux, intéressé, souvent non résidents. Toujours en dehors des grands débats politiques, économiques ou des thèmes couramment traités par les médias officiels, Habana XXI souhaite au contraire faire témoigner les cubains de tous les jours, la société dans son organisation actuelle, à travers des lieux, des traditions, des expressions culturelles parfois méconnues.</p>
<p style="text-align: justify;">Habana XXI privilégie la chronique comme mode d’expression,  pour sa forme plus humaine, plus proche des réalités de l’île. Prédomine donc la « première personne » dans les témoignages, exprimant ainsi une expérience vécue représentative de la Cuba du 21ème siècle.</p>
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		<title>Un débat à La Havane : Cuba, une approche critique</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2013 09:16:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Enrique</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Conférence-débat :
CUBA, UNE APPROCHE CRITIQUE
En démolissant les mythes. L&#8217;opposition cubaine anticapitaliste. Contes du socialisme réel pour les enfants révolutionnaires de 0 à 99 ans
À bas la bureaucratie. Debouts les travailleurs. Plus de socialisme !
Samedi 27 avril à 18h 30
Au local de Romp le cercle, Place de Turia 9. Móstoles métro : Hospital de Móstoles
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/image001101.png"><img class="size-full wp-image-8490 alignleft" title="image00110" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/image001101.png" alt="" width="178" height="252" /></a>Conférence-débat :</p>
<p><strong>CUBA, UNE APPROCHE CRITIQUE</strong></p>
<p><strong>En démolissant les mythes. L&#8217;opposition cubaine anticapitaliste. Contes du socialisme réel pour les enfants révolutionnaires de 0 à 99 ans</strong></p>
<p>À bas la bureaucratie. Debouts les travailleurs. Plus de socialisme !</p>
<p>Samedi 27 avril à 18h 30</p>
<p>Au local de Romp le cercle, Place de Turia 9. Móstoles métro : Hospital de Móstoles</p>
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		<title>LISEZ “LE GARDE FORESTIER”, LE BULLETIN N°1 DES ÉCOLOGISTES CUBAINS</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2013 08:59:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Enrique</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[
EL GUARDABOSQUES
N°1 / avril 2013
Une alternative en action et en communication sur l’environnement
Au sommaire :
- Et ce n&#8217;est pas l&#8217;Amazonie
- Une maison verte pour Cuba
- Nouvelles : On construira plus d&#8217;usines de biogaz dans la région orientale. Un débat sur les transgéniques sur la télévision cubaine.
Téléchargez le bulletin ici :
El Guardabosques
EL GUARDABOSQUES
C’est un des projets [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;"><span style="font-weight: normal;"><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/guardabosquess4111.jpg"><img title="guardabosquess411" src="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/guardabosquess4111.jpg" alt="" width="468" height="169" /></a></span></h2>
<p><strong>EL GUARDABOSQUES</strong></p>
<p><strong>N°1 / avril 2013</strong></p>
<p><strong>Une alternative en action et en communication sur l’environnement</strong></p>
<p>Au sommaire :</p>
<p>- Et ce n&#8217;est pas l&#8217;Amazonie</p>
<p>- Une maison verte pour Cuba</p>
<p>- Nouvelles : On construira plus d&#8217;usines de biogaz dans la région orientale. Un débat sur les transgéniques sur la télévision cubaine.</p>
<p>Téléchargez le bulletin ici :</p>
<p><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/ElGuardabosques.pdf"></a><a href="http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/El-Guardabosques.pdf">El Guardabosques</a></p>
<p><strong><span id="more-8486"></span>EL GUARDABOSQUES</strong></p>
<p>C’est un des projets constituants l’Observatoire critique de La Havane, un projet écologique qui a émergé à partir de la destruction d’un fromager centenaire dans la quartier de San Agustin et de la déforestation croissante de la ville de La Havane. Depuis 2007, il édite un blog du même nom qui dénonce les déprédations écologiques dans l’environnement urbain.</p>
<p>Le Garde forestier développe la réflexion sur l’environnement et participe à des actions de reforestation et d’éducation environnementale qui contribuent à une meilleure gestion des espaces verts. Le projet considère essentielle la « participation populaire » pour l’auto-libération.</p>
<p>Pour prendre contact avec l’équipe de EL GUARDABOSQUES, écrire à :</p>
<p><a href="mailto:observatoriocritico@gmail.com">observatoriocritico@gmail.com</a></p>
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