Que vont faire les rois d’Espagne à Cuba ?

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Le programme officiel de Felipe VI et Letizia ne comporte pas de surprises.
Les rois d’Espagne Felipe VI et Letizia commencent une visite d’Etat à Cuba le mardi 12 novembre, avec un programme qui les conduira dans des lieux emblématiques de la capitale et de Santiago de Cuba, des rencontres avec des représentants du gouvernement et non avec des représentants de l’opposition de l’île.
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Les monarques partent de Madrid le lundi 11, quelques heures après que les résultats des élections générales de ce dimanche en Espagne soient connus, et à La Havane ils commenceront leur programme officiel le mardi 12, avec une offrande florale devant le mémorial dédié à José Martí, sur la Place de la Revolution.
Ensuite, ils rencontreront Miguel Díaz-Canel, le président de la République avec qui ils se réuniront dans le bâtiment du Conseil d’État. Le même jour, les rois inaugureront une exposition de l’Agence EFE sur l’histoire graphique de l’Espagne et de Cuba au Grand théâtre de La Havane Alicia Alonso, où ils assisteront à un ballet. Cette journée se terminera par un dîner officiel, au cours duquel il n’y aura pas de discours.
Le mercredi 13 novembre, les rois visiteront les rues de la Vieille Havane et le Musée des Beaux-Arts, où ils inaugureront l’exposition d’un “Autoportrait” de Francisco de Goya, en prêt temporaire du Musée du Prado. Comme il est d’usage pour la plupart des visites d’État à La Havane, l’historien Eusebio Leal les emmènera dans les lieux les plus emblématiques de la ville.
Ce jour-là, ils rencontreront également la communauté espagnole vivant sur l’île et le roi rencontrera des hommes d’affaires espagnols ayant des intérêts à Cuba.
De même, Felipe VI et Letizia tiendront une audience privée avec des représentants de la société civile cubaine, dont l’écrivain Leonardo Padura, l’acteur Jorge Perugorría, des journalistes indépendants et des entrepreneurs privés, dans un format similaire à celui organisé fin 2018 par le président espagnol Pedro Sánchez pendant sa visite à la Havane.
Les rois consacreront le dernier jour de leur voyage, le jeudi 14 novembre, à Santiago de Cuba, où ils visiteront le Castillo del Morro pour se souvenir des plus de 300 membres d’équipage tués lors du naufrage de la flotte de l’amiral Cervera, détruite par les navires de guerre américains, et la colline de San Juan, où 600 soldats espagnols ont péri dans la dernière bataille terrestre de la guerre cubaine, qui a marqué la fin de l’empire espagnol.
Bien que cette visite s’inscrive dans le cadre de la semaine des célébrations officielles des 500 ans de La Havane, les monarques ne seront pas présents à la cérémonie officielle du 16 novembre, à laquelle devront assister les proches alliés de La Havane, tels que Vladimir Poutine, Nicolas Maduro et Daniel Ortega.
Des sources diplomatiques espagnoles ont insisté sur le fait que cette visite ne constitue pas un geste de soutien au régime cubain, mais plutôt le dépassement d’une anomalie : le fait que Cuba était le seul pays ibéro-américain que n’avait pas encore visité un roi d’Espagne ; alors que l’ancien président français, italien ou portugais, Barack Obama et même deux papes ont fait cela.
L’ambassadeur d’Espagne à Cuba, Juan Fernández Trigo, a déclaré à l’Agence EFE que ce sera “un voyage d’État et nous voulons avoir un contenu culturel (…). Notre idée n’est pas de venir faire de la politique, parce que le roi ne fait pas de politique en Espagne.
La visite de Felipe VI et Letizia à Cuba a été fortement critiquée tant en Espagne qu’à Cuba et son exil.
Une campagne sur la plateforme Change.org demande aux monarques de ne pas visiter Cuba tant que l’île “n’est pas un pays libre et démocratique, ou à défaut, de respecter notre chemin tortueux vers la liberté”.
“Leurs Majestés en viennent à embrasser la tradition des violations soutenues de la dictature, par leur présence, ils soutiennent les disparitions forcées, l’emprisonnement politique, les abus sexuels et toutes les expressions contemporaines de l’esclavage”, affirme la demande, présentée de l’île par la journaliste indépendante Iliana Hernandez.
La visite a également fait l’objet d’un débat au sein de la classe politique espagnole. Albert Rivera (Ciudadanos), Pablo Casado (Parti populaire) et Pedro Abascal (VOX) ont demandé à Pedro Sánchez, président en exercice du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), de ne pas envoyer les rois à Cuba, arguant qu’il est nécessaire d’aller à l’encontre les dictatures.
Pour sa part, le gouvernement américain voit dans la visite des rois d’Espagne à Cuba une échappatoire pour que le régime cubain continue à se légitimer au milieu d’une vague de répression contre l’opposition de l’île.
Amnesty International a envoyé la semaine dernière une lettre à Felipe VI pour que, lors de sa visite, il s’intéresse à la situation de José Daniel Ferrer, dirigeant de l’Union patriotique de Cuba (UNPACU), qui a dénoncé jeudi, lors d’une brève réunion avec sa famille, après 38 jours de détention et 35 au secret, qu’il est torturé à la prison des Aguadores, à Santiago de Cuba.
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Source: Diario de Cuba

Enrique   |  Actualité, International, Politique   |  11 11th, 2019    |