“L’humiliation est constante”. Témoignage d’un français détenu à Cuba

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Jacques est arrêté et incarcéré par la justice cubaine. ll témoigne, pour le site Prison Insider, de ses conditions de détention dans deux prisons et des actes de torture qu’il a subis.
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Jacques est arrêté, en février 2017, par la justice cubaine. Il est immédiatement incarcéré dans une prison de la Sécurité d’État, maintenu au secret sous le régime incommunicado (1) durant 48 jours. Sa fille se retrouve alors seule du jour au lendemain.
Il est transféré en France en septembre 2019 et indique que plus de 300 personnes étrangères sont ainsi détenues à Cuba.
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Il témoigne, pour Prison Insider, de ses conditions de détention à la prison de la Sécurité d’État (DTI) puis dans l’établissement de la Condesa à Mayabeque.
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Enrique   |  Actualité, Répression   |  01 12th, 2021    | 

Le pouvoir à Cuba : notes sur sa nature

Le texte que nous publions aujourd’hui est une analyse sur la nature du pouvoir à Cuba de notre ami universitaire cubain Armando Chaguaceda.

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L’absence de Cuba dans certaines analyses sur l’état de la politique en Amérique latine est impressionnante. Dans les académies de la région, la structure du pouvoir en place sur l’île n’est pas bien comprise. Certains collègues utilisent des justifications banales pour justifier leur manque d’intérêt, comme « c’est une petite île isolée de la mondialisation ». Nombreux sont ceux, issus du relativisme gauchiste, qui accordent au gouvernement cubain la certification selon laquelle Cuba est « une démocratie différente et populaire ». D’autres, à partir d’un certain réductionnisme libéral, se limitent à le rejeter uniquement parce que ce gouvernement « ne permet pas d’élections multipartites ». La bureaucratie de l’Union européenne a même utilisé un euphémisme qualifiant le système politique cubain de « démocratie à parti unique ». Ces positions s’ajoutent à l’absence de débat sérieux sur cette même question au sein du milieu universitaire cubain.

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Enrique   |  Analyse, Politique   |  01 12th, 2021    | 

Comprendre la société cubaine d’aujourd’hui

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Le blog généraliste Polémica cubana, en langue française, est né il y a 11 ans. Nous sommes un collectif ayant pour objectif de donner à connaître le nouveau panorama politique, social et culturel qui se dessine aujourd’hui dans l’île où des groupes informels de jeunes travailleurs, d’artistes et d’universitaires se retrouvent autour de différents projets à caractère politique et culturel indépendamment des structures officielles dominées par un État tentaculaire et dictatorial.
La renaissance du mouvement libertaire à La Havane est la clé pour entreprendre un vaste travail de solidarité avec les activistes cubains dans leur lutte contre le capitalisme d’État, pour la liberté, pour l’autogestion et pour un changement profond de société.
Films alternatifs, ateliers d’écriture en marge des institutions, publications parallèles, galeries d’art libre, concerts de hip-hop ou d’électro, cours de danse… Cuba vit un renouveau culturel exceptionnel malgré la censure et la répression imposée par le ministère de la Culture et l’État. Une révolution !
Nous t’offrons sur notre blog un vaste panorama sur les nouvelles expressions politiques et culturelles existant sur l’île.
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Pour le collectif Polémica cubana,
Daniel Pinós
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Découvre le site Polémica cubana :

Enrique   |  Culture, Politique   |  01 11th, 2021    | 

Communiqué de l’atelier libertaire Alfredo López de La Havane

Nous n’acceptons ni maîtres au-dessus de nous, ni serviteurs au-dessous de nous. Nous travaillons pour une société où toutes les questions publiques seront résolues par l’auto-organisation de ceux qui vivent, travaillent, créent et aiment, à Cuba et sur la planète. Nous témoignons cependant du fait que le passage à une telle façon de gérer notre vie commune ne peut être que le produit de la révolution sociale la plus profonde. Mais être radical dans notre conception du socialisme et de la libération humaine ne fait pas de nous des gens stricts ou extrémistes, ni ne nous oppose à ceux qui cherchent sincèrement des voies de dignité. La lutte pour les droits sociaux est légitime, même lorsque sa racine germante n’atteint pas immédiatement l’idéal – à condition seulement qu’une telle racine existe – beaucoup d’elles contiennent des germes vivants, ils sont en développement dans la perspective de la société commune dont nous n’osons pour l’instant que rêver. Défendre ces germes et semer les graines de la liberté même si nous savons qu’ils peuvent prendre des millénaires pour devenir des arbres aussi robustes que les fromagers dans nos champs, est notre devoir et notre choix de vie.
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Enrique   |  Actualité, Politique   |  01 4th, 2021    | 

Cuba : unification de la monnaie dans un climat de répression contre la liberté de l’art indépendant

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Après la nouvelle constitution, adoptée en 2018, une nouvelle phase de réformes économiques a été mise en œuvre par Miguel Díaz-Canel. Le président du pays vient d’annoncer la création du peso cubain (CUP). « Construire un pays meilleur » reste l’objectif du gouvernement, selon le ministre de la Culture Alpidio Alonso, alors que des artistes indépendants ont été sévèrement réprimandés.

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Enrique   |  Actualité, Politique, Économie   |  12 30th, 2020    | 

Le 27N (1) comme événement politique et culturel dans le Cuba d’aujourd’hui

Au cours du mois dernier, Cuba a connu les plus grandes manifestations pour les droits civils de l’ère post-révolutionnaire. Elles ont été menées principalement par des artistes, des intellectuels et des militants de mouvements communautaires urbains. Le point culminant a été atteint le 27 novembre, lorsqu’un rassemblement d’environ 300 personnes – certains disent jusqu’à 500 – devant le ministère de la Culture a forcé les autorités à promettre un dialogue sur un ensemble de revendications culturelles et civiques. Cela a suscité une large solidarité, tant au niveau international qu’entre les autres intellectuels et les citoyens cubains.

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Enrique   |  Actualité, Analyse, Culture, Politique   |  12 26th, 2020    | 

Appel d’un insoumis à l’armée castriste

Osmel Adrián Rubio Santos, le plus jeune des militants qui ont protesté pacifiquement au siège du Mouvement San Isidro (MSI) pour la libération du rappeur protestataire Denis Solís, a appelé à se mobiliser pour un refus populaire du service militaire obligatoire à Cuba. Pour Osmel, le service militaire est une manière forcée de porter les armes en faveur de la dictature.

« Amis, je veux faire quelque chose et j’ai besoin de votre soutien et de vos conseils. Je veux mener une action qui profitera à beaucoup de jeunes cubains, mais j’aimerais que vous me disiez comment je peux le faire, car je veux recueillir les signatures de tous les jeunes Cubains qui ne sont pas prêts à prendre les armes en faveur du régime de la dictature », a écrit Rubio sur son profil Facebook samedi.

Le jeune homme, qui est assiégé par une opération de surveillance policière permanente qui l’empêche de quitter sa maison, a déclaré, comme le reste des manifestants de San Isidro, que le seul objectif du service militaire à Cuba est de « tuer des Cubains ».

« J’accepte les idées et les suggestions. En tout cas, j’ouvrirai une page », a-t-il annoncé sur son post, où il a déjà reçu les commentaires de plusieurs Cubains sur son initiative.

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Enrique   |  Actualité, Politique, Répression, Solidarité   |  12 14th, 2020    | 

Cuba : des “ismes” aveuglants

Le trumpisme fanatique – et son miroir qui se retrouve dans cet antitrumpisme hyperbolique que Ricardo Dudda (1) a récemment critiqué dans Letras Libres – a trop blessé de Cubains. Sans exception. Le trumpisme et l’antitrumpisme radicaux héritent de la logique binaire et appauvrissante de la polarisation. À laquelle le Castrisme nous a condamnés en tant qu’héritage politique culturel. Et ces pôles veulent submerger, a priori, l’existence et les projets de l’opposition cubaine en les enfermant dans leurs codes étroits d’amour et de haine.

Mais la dissidence sur l’île renvoie à d’autres réalités. Cuba a connu, ces dernières années, une effervescence de revendications et d’identités diverses. Tout le monde, quelles que soient ses idéologies, ses tactiques et ses objectifs, a été réprimé par le gouvernement. Face au silence de la majorité des autres gouvernements et sociétés. Y compris, dans une large mesure, ceux d’Europe et d’Amérique latine. Cela laisse la voix des États-Unis – cet empire avec ses groupes de pression et ses organisations civiques – en situation dominante face à ce qui se passe sur l’île. Une solitude qui se compense généralement en augmentant les décibels.

Si l’on ajoute à cela l’existence d’une communauté d’émigrants cubains prospère, cela explique pourquoi la situation intérieure de Cuba est une question intérieure pour les États-Unis. Et vice- versa. La polarisation entre le populisme trumpiste et les démocrates américains traverse également toutes les frontières. Elle a entraîné les Cubains. En exil, une bonne partie des militants ont soutenu le Caudillo républicain. Certains émigrés, plus modérés, font cause commune avec la candidature de Biden.

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Enrique   |  Actualité, Politique   |  12 12th, 2020    | 

« Articulation plébéienne » à propos des événements au ministère de la Culture

Au moment où plus de 200 personnes se rassemblaient le 27 novembre dernier devant le ministère de la Culture à La Havane pour exiger le respect de la liberté d’expression, de création et du droit à la dissidence, un groupe d’intellectuels cubains a décidé d’exprimer son soutien à cette possibilité de dialogue qui s’ouvre comme jamais auparavant, par le biais d’une déclaration.

Pour l’instant, il s’agit du document le plus complet qui a été publié par la gauche que l’on peut appeler « alternative » à Cuba. Bien sûr, pour certains il a le défaut de ne pas refléter des positions libertaires, mais  beaucoup plus des propositions allant vers un socialisme démocratique. Certains libertaires cubains ne l’ont pas signé, d’autres oui, parce que le document prend clairement position contre les abus du pouvoir actuels et parce qu’il maintient une logique de gauche anti-autoritaire.

Beaucoup d’autres gens l’ont signé, ceux qui l’ont écrit sont ouverts à la signature d’autres cubains afin qu’ils puissent à leur tour promouvoir l’appel. Un autre des défauts de l’appel est qu’il n’explique pas bien ce qui s’est passé, pour quelqu’un qui ne connaît que ce document, ce sera difficile de comprendre le contexte. Mais nous avons largement informé nos lecteurs ces dernières semaines sur le Mouvement San Isidro et le rassemblement devant le ministère de la Culture.

Retrouver nos articles sur le sujet sur Polémica cubana :

http://www.polemicacubana.fr/?p=15265

http://www.polemicacubana.fr/?p=15147#more-15147

Polémica cubana reproduit cette « articulation plébéienne », comme l’ont appelée ses créateurs :

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Enrique   |  Actualité, Politique, Répression   |  12 11th, 2020    | 

Fidel Castro : un demi-siècle au pouvoir marqué par la répression contre les opposants

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Pendant les presque cinq décennies où il a dirigé Cuba, Fidel Castro a imposé un système répressif qui punissait pratiquement toutes les formes de dissidence, un héritage qui perdure malheureusement même après sa mort.
Sous le régime de Castro, des milliers de Cubains ont été emprisonnés dans des conditions déplorables, des milliers d’autres ont été persécutés et intimidés, et des générations entières ont été privées des libertés politiques fondamentales. Cuba a fait des progrès dans les domaines de la santé et de l’éducation, mais beaucoup de ces progrès ont été annulés par de longues périodes de difficultés économiques et de politiques répressives.
Alors que les pays d’Amérique latine abandonnent progressivement les régimes autoritaires, le Cuba de Fidel Castro reste un des derniers pays de la région qui continue à réprimer pratiquement tous les droits civils et politiques. Le régime répressif créé par Fidel Castro a pu tenir pendant des décennies grâce à un contrôle draconien qui prévoyait des sanctions gouvernementales sévères pour ceux qui osaient être en désaccord, même légèrement.
La répression a été inscrite dans la législation et appliquée par les forces de sécurité, des groupes de civils (les CDR, les Comités de défense de la révolution) alignés sur l’État et un pouvoir judiciaire totalement subordonné à l’exécutif. Ces pratiques abusives ont installé à Cuba un climat de peur permanente qui a restreint l’exercice des droits fondamentaux et a fait pression sur les Cubains pour qu’ils démontrent leur loyauté envers le gouvernement en décourageant toute possibilité de critique.
De nombreuses stratégies abusives développées pendant que Castro était au pouvoir – tel que la surveillance, les coups, les détentions arbitraires et les actes publics de répudiation – continuent d’être utilisées par le gouvernement cubain aujourd’hui.
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Enrique   |  Histoire, Politique, Répression   |  12 11th, 2020    |