Luis Manuel Otero Alcántara, l’État cubain et nous les anarchistes

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Les événements entourant Luis Manuel Otero Alcántara ont pris une tournure dramatique et grotesque. La Sécurité d’État cubaine démontre avec une clarté totale que cette institution est le véritable pouvoir exécutif, législatif et judiciaire de l’équipe gouvernementale à Cuba.
Tout le rituel pharaonique déployé il y a moins de trois ans pour huiler un soi-disant État de droit à Cuba, a été pulvérisé « sans hâte mais sans pause », selon les mots de Raúl Castro, rendant évident une fois de plus que tous les États, et le cubain, un de plus parmi eux, n’accordent pas de droits, mais simplement des moratoires répressifs pour gérer, par d’autres moyens, le conflit social généré par leurs propres existences.
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Enrique   |  Actualité, Politique, Répression   |  06 1st, 2021    | 

Téléchargez tous les numéros de la revue anarchiste “Tierra Nueva”

Disponibles en ligne dès maintenant les 13 numéros publiés par la revue anarchiste cubaine Tierra Nueva depuis mai 2013 :
https://tierranuevacuba.medium.com/descarga-todos-los-números-detierra-nueva-bf5816e3d92d

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Extrait de l’éditorial du numéro 1 :

¡Tierra Nueva! car nous nous sentons héritiers du groupe libertaire qui a produit l’hebdomadaire ¡Tierra Nueva! pendant 22 ans au début du siècle dernier.
Cette publication a pour but de contribuer à la mise en relation avec des individus et des collectifs qui vivent au quotidien des relations libres, agréables et solidaires… qui s’inscrivent dans une spiritualité anarchiste, sauvage et spontanée.
Nous croyons qu’une société sans médiation, sans spectacle, sans misère, sans autorité, sans lois, exceptées celles que nous choisissons, sans discrimination, sans simulation, sans simulation, sans oppression, sans servitude est possible.
Nous n’avons rien contre l’utopie, rien de plus éloigné de la réalité, mais nous savons qu’il est beaucoup plus utopique de penser à un futur “État de bien-être” qu’à une société mise en marche par nous-mêmes pour les temps qui viennent.
Pour ceux qui croient que nous voulons vivre dans le désordre, nous aimons le seul ordre qui ne nait pas des chaînes de la servitude, mais dans notre propre liberté réalisée : le seul ordre que nous comprenons comme naturel et antagoniste au désordre actuel, imposé par tant d’autorités.
Puisque nous aspirons à une société d’individus libres et pleinement réalisés, puisque nous comprenons que les États garantissent la continuité du régime d’exploitation actuel en ces temps modernes (l’esclavage salarié), nous ne pouvons faire moins que nous déclarer leurs ennemis. Ainsi, toutes les personnes intéressées sont invitées à collaborer, SAUF celles qui, d’une manière ou d’une autre, vivent de la force de travail d’autrui.
Alors que les classes dominantes nous maintiennent dans l’inaction, dans la confusion, dans l’absence de solidarité, dans l’isolement, en attendant que des élus nous donnent un avenir meilleur, nous pensons que le principal coupable qui ne nous permette pas de bien vivre ici et maintenant est le policier que nous portons tous en nous. Il sera victime de nos attaques constantes.

Enrique   |  Culture, Histoire, Politique   |  06 1st, 2021    | 

Lettre ouverte à Jorge Fernández Torres, directeur du Musée national des beaux-arts de Cuba.

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Un groupe d’artistes vient de demander au directeur du Musée des Beaux-Arts de La Havane, Jorge Fernández, de mettre fin à l’exposition physique et virtuelle de leurs œuvres dans le musée, alors que Luis Manuel Otero Alcántara reste séquestré à l’hôpital et que d’autres artistes sont surveillés, persécutés et détenus arbitrairement. Quiconque souhaite se joindre à la lettre doit envoyer son nom et la fiche technique de l’œuvre de la collection du musée à l’adresse électronique 27N :
27n.comunicaciones@gmail.com.
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La Havane, le 24 mai 2021
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Cher Jorge Fernández,
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Nous vous écrivons motivés par un véritable sentiment de préoccupation et de solidarité envers le jeune artiste et collègue cubain Luis Manuel Otero Alcántara. Depuis le 2 mai, il se trouve à l’hôpital universitaire chirurgical Calixto García, il a été enlevé et détenu au secret par la Sécurité de l’État. Otero Alcántara a été emmené de son domicile contre son gré, alors qu’il menait une grève pacifique de la faim et de la soif pour réclamer les exigences qui, jusqu’à présent, n’ont pas été satisfaites : restitution de ses œuvres saisies illégalement par des agents de l’État le 16 avril, indemnisation pour les œuvres endommagées ou détruites, fin du siège policier auquel il est soumis depuis novembre 2020 et garantie du libre exercice de l’art.
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Enrique   |  Non classé   |  05 28th, 2021    | 

Entre le journal et les rues. La presse ouvrière dans la construction de l’anarchisme cubain

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À paraître en Espagne :
Entre le journal et les rues. La presse ouvrière dans la construction de l’anarchisme cubain (1865-1895) de Javier Colodrón Valbuena

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À ses débuts, l’anarchisme cubain s’est servi de la presse comme d’une plate-forme pour diffuser son programme dans toute l’île. Grâce à une série de campagnes de diffusion et de propagande idéologique, les libertaires de la fin du XIXe siècle ont réussi à se positionner comme un guide pour le mouvement des jeunes travailleurs de l’île. Cette consolidation n’était pas une tâche facile, car, sur leur chemin, les anarchistes ont dû faire face non seulement à l’exploitation du travail et à la censure, mais aussi à l’obstacle supplémentaire de se mouvoir dans un système colonial répressif dans lequel coexistaient un modèle décrépit de production esclavagiste et un capitalisme industriel naissant basé sur une nouvelle structure de relations sociales au travail. Ce livre propose une approche de l’évolution de l’anarchisme cubain à travers la production journalistique de ses membres. L’utilisation de sources journalistiques, archivistiques et bibliographiques a permis de reconstruire à la fois le discours libertaire et le contexte socio-politique dans lequel il a été créé, permettant de déterminer le véritable rôle joué par la presse écrite dans la formation et la consolidation du premier socialisme cubain.

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Enrique   |  Histoire, Politique   |  05 28th, 2021    | 

Le conflit sur les droits de l’homme à Cuba : commentaires à un moment critique

Le gouvernement cubain maintient, depuis des décennies, l’idée que l’île est régie par un système politique et social dans lequel certains droits humains (les Droits humains que nous défendons) ont plus de poids que d’autres (1). L’embargo américain contre Cuba, imposé depuis le début des années 1960, a servi d’excuse pour perpétuer une approche construite pendant la guerre froide, contrairement à l’universalité, l’indivisibilité et l’applicabilité qui devraient guider la question. Simultanément, les avancées (aujourd’hui en crise) dans la matérialisation des droits sociaux tels que la santé et l’éducation ont été utilisées par l’élite dirigeante pour justifier la répression et la limitation des droits civils et politiques.

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Enrique   |  Actualité, Politique, Répression   |  05 26th, 2021    | 

Même le poète et communiste chilien Pablo Neruda a applaudi le dictateur cubain Batista

Dans l’œuvre de Pablo Neruda, se trouve caché et passé sous silence son texte publié au Chili, le 27 novembre 1944, dans le journal officiel communiste El Siglo, sous le titre « Salut à Batista. Discours de Pablo Neruda à l’Université du Chili ». Neruda saluaint au nom du communisme Fulgencio Batista, le dictateur cubain, qu’un autre tyran – Fidel Castro – chassa du pouvoir quinze ans plus tard, avec l’approbation et le salut du même Neruda, comme on peut le voir dans l’embrassade du poète chilien à Castro, relaté dans le chapitre « Fidel Castro » de J’avoue avoir vécu.

À cela, il faut ajouter les éloges de Neruda à Lénine, son silence face au goulag soviétique, son inclinaison pour Staline et l’adulation de ce dernier dans des poèmes comme Chant à Stalingrad (1942) ou Nouveau chant d’amour à Stalingrad (1943). Grâce à ceux-ci et à d’autres vers d’ardente défense du stalinisme, il reçut le dénommé « Prix Staline de la Paix » en 1953, ce qui influença aussi l’éloge qu’il fit, comme sénateur communiste au Chili, d’un autre assassin stalinien : Kalinine (1).

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SALUT À BATISTA
Pablo Neruda


« Quand la terre comme une immense roue tourne et glisse dans l’espace nocturne et que la nuit a gardé les dernières rumeurs, le feu des batailles et le silence des hommes, il reste une petite île qui brille comme une luciole dans la jungle, une île qui quand la terre tourne laisse une comète phosphorescente de lumière et de son, une queue parfumée de tabac et de coraux, une atmosphère unique dans notre Amérique où la joie et l’ombre s’unissent comme deux ailes pour que l’île danse et vole avec le corps d’une colombe.
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Enrique   |  Culture, Histoire, Politique   |  05 22nd, 2021    | 

L’après Raúl Castro et les vicissitudes de la vie quotidienne par un témoin de passage sur l’île

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Ces trois dernières années, un climat d’effervescence fait vibrer d’un air nouveau l’île de la révolution. Un important programme de réformes a été lancé sous le gouvernement de l’actuel président Díaz-Canel. Cuba veut entrer de plain-pied dans le XXIe siècle, mais la sortie de l’ère castriste implique aussi un exercice inédit pour le parti unique au pouvoir : être à l’écoute de ceux qui ne veulent plus se taire. Le sociologue Michael Heisenberg exprime dans cet article ses inquiétudes et les engagements qui lui tiennent à cœur.

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Enrique   |  Actualité, Politique, Société   |  05 18th, 2021    | 

Pourquoi la fin des frères Castro à Cuba ne change rien ?

Le départ à la retraite de Raul Castro, 89 ans, le lundi 19 avril est un symbole fort pour Cuba mais ne change pas la ligne politique du pays.

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Enrique   |  Actualité, Politique, Société   |  05 12th, 2021    | 

Leonardo Romero Negrín et la criminalisation de l’activisme social dans l’espace public à Cuba

Le 30 avril, Leonardo Romero Negrin a été violemment arrêté par la police lors d’une manifestation entre les rues Obispo et Aguacate, dans la Vieille Havane. Il portait une pancarte sur laquelle on pouvait lire « Socialisme oui, Répression non ».

Léo, comme l’appellent ceux qui le connaissent, est un volontaire du SAF (Système d’aide à la famille) ; un membre actif de sa communauté – la municipalité de Centro Habana – où il mène des activités éducatives avec des enfants pour la plupart marginalisés. Il est participatif et intégré à la vie culturelle et politique de son centre d’études, la Faculté de physique de l’Université de La Havane, avec l’objectif de défendre la tolérance et la coexistence politique. De même, Léo aide à prendre soin – avec un groupe de compagnons – d’un ami handicapé. Il a participé à la manifestation du 27 novembre devant le ministère de la Culture de la République de Cuba pour demander la fin de la répression et le respect de la Constitution. Il a également participé à la Tángana dans le parc Trillo, un événement qui se voulait être une réponse de la gauche à cette manifestation.

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Enrique   |  Actualité, Politique, Répression   |  05 6th, 2021    | 

Manuel Otero Alcantara, un artiste dissident en grève de la faim hospitalisé

Après huit jours de grève de la faim et de la soif, Luis Manuel Otero Alcantara a été délogé et transféré à l’hôpital dimanche. Les autorités estiment qu’il ne présente aucun signe de malnutrition et dément cette grève de la faim, mais l’artiste cubain est toujours soigné. Il avait cessé de boire et de s’alimenter pour dénoncer la répression dont il fait l’objet et le vol de ses œuvres d’art.


Enrique   |  Actualité, Politique, Répression   |  05 6th, 2021    |