Cuba fait partie de la Fédération anarchiste d’Amérique centrale et de la Caraïbe

L’activisme anti-capitaliste anti-autoritaire compte avec une nouvelle organisation dans Notre Amérique, la Fédération anarchiste d’Amérique centrale et de la Caraïbe. Il y a quelques semaines, cette organisation a tenu son congrès fondateur à Santiago de los Caballeros, en République dominicaine, et Cuba était présente avec un délégué de l’Atelier libertaire Alfredo López. Il y a quelques jours, a été publiée la première expression publique du comité de correspondance de la toute récente Fédération.

“L’anarchisme aujourd’hui ?” Demanderons les incrédules.

L’anarchisme, bien sûr que oui ! Nous répondrons : assez de “socialismes” autoritaires, de néolibéralismes capitalistes, de démocraties élitistes et compétitives et de multi-polarismes charismatiques de “quatrième degré”.

Un petit groupe, mais représentatif, de délégué-e-s s’est réuni à Santiago de los Caballeros, en République dominicaine, au nom de ceux qui croient dans la lutte pour la justice sociale, mais qui sont sceptiques à propos des thèses affirmant que les États sont les meilleurs moyens pour l’atteindre…

“C’est que les mouvements sociaux perdent leur essence en essayant de se convertir en gouvernement : leur identité propre de  mouvements, d’êtres sociaux et d’êtres autonomes…”  a commenté un compa durant la pause café, tandis que la discussion sur la façon dont la nouvelle Fédération s’auto-définissait devenait interminable. Mais par un miracle, de ceux qui arrivent entre les partisans de la convivialité en anarchie, les choses ont été résolus en quelques minutes, et la séance s’est poursuivie, plus détendue et consolidée vers des fins de plus en plus claires.

La Fédération a été formé avec des délégués de la République dominicaine, de Cuba, des États-Unis, de Bonaire, du Salvador et de Porto Rico. C’est une organisation spécifiquement anarchiste structurée en tant que fédération de tendances (qui ne cherche pas à imposer à ses membres une tendance unique, mais qui respecte celles qui existent dans le mouvement).

Parmi les missions que nous nous sommes assignés, il y a celle d’évaluer la situation complexe entre la République dominicaine et Haïti, quand le nationalisme est utilisé par les États pour exacerber les tensions, engendrer la violence et le sexisme, et  militariser la société ; pour générer des réponses à ces maux à partir des idées de liberté, nous avons créé une équipe de volontaires contre le génocide ; nous avons aussi une équipe sur l’autogestion, pour coordonner et soutenir les projets qui cherchent à se développer en auto-organisation et apprendre par la pratique. Et une équipe de solidarité contre la répression et la prison.

Cuba a participé à travers l’Atelier libertaire Alfredo López, même si d’autres projets anarchistes, des anarchistes individualistes inclus, pourraient adhérer de manière indépendante.

Les hôtes du Congrès étaient le groupe Kiskeya libertaire, l’union de trois collectifs avec des locaux dans les principales villes de République dominicaine. L’un deux (Cibao libertaire) possède un excellent centre social à Santiago de los Caballeros, où fonctionne une bibliothèque, plusieurs projets communautaires, un micro-jardin, et différents compagnon-ne-s  y vivent en communauté, avec un chat, également très anarchiste.

Il y a eu une nuit de fête, où les militants de Kiskeya libertaire – pour sûr d’excellents musiciens – ont partagé avec le reste des participant-e-s des chansons de bachata, de rock et de trova. L’anarchisme dominicain est très familial : les parents des jeunes anarchistes respectent et  soutiennent  leurs activités. L’idée libertaire est présente dans les universités dominicaines, il y a des enseignants qui sont aussi des anarchistes, et ils maintiennent de la correspondance avec les auteurs très connotés de cette tendance, comme Noam Chomsky, pour ne citer que le plus connu.

Le Congrès a pu conter avec le soutien et la présence d’invités de l’Internationale des fédérations anarchistes (IFA) et de la Fédération Black Rose des États-Unis. Lors de la première réunion, ont été lus ou projetés plus de dix messages de salut de divers groupes anarchistes du continent.

La nouvelle Fédération s’oppose au capitalisme et aux autoritarismes (étatistes ou autres).

L’anarchisme a une présence croissante dans les luttes sociales des dernières décennies ; il met l’accent sur le pouvoir populaire sans médiations bureaucratiques et en défendant  l’horizontalité, il a approfondi les concepts récents de  réflexion politique anti-capitaliste.

Dmitri Prieto. Havana Times

Traduction : Daniel Pinós

Sur photo de tête : trois générations d’anarchistes cubains. De gauche à droite : Lisette-Black Rose anarchist et Industrial Workers of the World de Miami, Frank Fernandez, historien de l’anarchisme cubain de Miami et Dmitri-Taller Libertario Alfredo Lopez de La Havane.


Enrique   |  Actualité, International, Politique   |  04 23rd, 2015    |