« Articulation plébéienne » à propos des événements au ministère de la Culture
Au moment où plus de 200 personnes se rassemblaient le 27 novembre dernier devant le ministère de la Culture à La Havane pour exiger le respect de la liberté d’expression, de création et du droit à la dissidence, un groupe d’intellectuels cubains a décidé d’exprimer son soutien à cette possibilité de dialogue qui s’ouvre comme jamais auparavant, par le biais d’une déclaration.
Pour l’instant, il s’agit du document le plus complet qui a été publié par la gauche que l’on peut appeler « alternative » à Cuba. Bien sûr, pour certains il a le défaut de ne pas refléter des positions libertaires, mais beaucoup plus des propositions allant vers un socialisme démocratique. Certains libertaires cubains ne l’ont pas signé, d’autres oui, parce que le document prend clairement position contre les abus du pouvoir actuels et parce qu’il maintient une logique de gauche anti-autoritaire.
Beaucoup d’autres gens l’ont signé, ceux qui l’ont écrit sont ouverts à la signature d’autres cubains afin qu’ils puissent à leur tour promouvoir l’appel. Un autre des défauts de l’appel est qu’il n’explique pas bien ce qui s’est passé, pour quelqu’un qui ne connaît que ce document, ce sera difficile de comprendre le contexte. Mais nous avons largement informé nos lecteurs ces dernières semaines sur le Mouvement San Isidro et le rassemblement devant le ministère de la Culture.
Retrouver nos articles sur le sujet sur Polémica cubana :
http://www.polemicacubana.fr/?p=15265
http://www.polemicacubana.fr/?p=15147#more-15147
Polémica cubana reproduit cette « articulation plébéienne », comme l’ont appelée ses créateurs :
Fidel Castro : un demi-siècle au pouvoir marqué par la répression contre les opposants
10 mots et expressions pour (commencer à) comprendre Cuba
L’essentiel pour apprendre et comprendre « le cubain »
On dit qu’on ne connaît pas un pays tant qu’on n’en maîtrise pas la langue : le voyageur averti sait que la langue est un sésame qui, au-delà de son aspect fonctionnel, permet de saisir l’esprit d’une culture… c’est aussi vrai pour Cuba ! On vous propose un guide des expressions cubaines les plus utilisées.
Dès l’arrivée sur le tarmac, nous sommes interpellés par l’accent cubain : fortement influencé par le parler des immigrés venus des Canaries et d’Andalousie, il varie en fonction des régions, on ne parle pas à La Havane comme à Santiago. Une fois notre ouïe accoutumée, il faut encore comprendre le vocabulaire car l’espagnol de Cuba possède un lexique, des expressions et des tournures qui lui sont propres. En outre, sachez que les proverbes sont loin d’être tombés en désuétude à Cuba.
Appel du mouvement San Isidro de Miami au monde libre
« Là où il n’y a pas d’équité ou de respect de toutes les opinions, il n’y a pas de patrie, il y a une dictature. »
José Marti.
Nous sommes le Mouvement San Isidro à Miami, un groupe de jeunes de la diaspora cubaine. Nous nous sentons appartenir à la véritable société civile cubaine et nous voulons contribuer à défendre les libertés et les droits humains à Cuba. Nous soutenons nos frères sur l’île qui luttent pacifiquement pour générer une transition d’un régime dictatorial vers un système social démocratique et libre.
Au mois de novembre de cette année 2020, l’artiste Denis Solís González, membre du projet indépendant Movimiento San Isidro (MSI), a été emprisonné à l’issue d’un procès sommaire sans véritable procédure légale. Les membres du MSI, ainsi que le célèbre artiste Luis Manuel Otero Alcantara, ont réclamé la liberté et la justice à travers des lectures poétiques devant des postes de police. Ils ont été réprimés et arrêtés. Cela a conduit les membres du MSI, ainsi que d’autres militants, à se réunir à leur siège à La Havane, et après une série de situations de harcèlement extrême (actes de répudiation, empoisonnement de l’eau et fermeture de l’approvisionnement alimentaire, entre autres tactiques répressives), plusieurs membres se sont déclarés en grève de la faim, et certains en grève de la faim et de la soif.
Cuba. Mise en perspective du nouveau virage économique
.
Une série de développements récents à Cuba ont frappé l’économie déjà chancelante de l’île, ce qui a conduit le gouvernement à adopter une série de politiques économiques qui vont dans le sens d’une plus grande ouverture au capital, tout en maintenant les contrôles politiques de l’État à parti unique. La première des dernières catastrophes qui se sont abattues sur l’île est la pandémie de Covid-19. Comparé à d’autres pays des Caraïbes, Cuba s’en est mieux sortie grâce à un système de santé publique qui, malgré son déclin au cours des trente dernières années, est toujours capable d’organiser une réponse adéquate aux catastrophes collectives telles que la pandémie. Ainsi, pour stopper la contagion, le gouvernement cubain a adopté des mesures drastiques telles que l’interruption totale des transports publics, et en réponse à un rebond de l’infection à partir de la fin août, il a rétabli des mesures tout aussi drastiques dans de nombreux endroits, y compris dans la zone métropolitaine de La Havane, bien que, début octobre, le gouvernement ait réduit les restrictions dans la plupart de ces endroits.
Que se passe-t-il à Cuba en ce moment ?
Nous publions aujourd’hui ce texte du réalisateur Ernesto Daranas publié sur le blog « La Cosa » de l’universitaire Julio César Guanche. Il nous permet de comprendre la situation à Cuba après la grève de la faim menée par les artistes du Mouvement San Isidro et la manifestation du 27 novembre devant le ministère de la Culture. Que nous disent ces événements ?
Ernesto Daranas Serrano est né en 1961 à La Havane. Il termine des études de pédagogie et de géographie en 1983. Il commença tôt à écrire et travailler pour la radio: biographies, chroniques, pièces de théâtre, nouvelles, jeux radiophoniques. A la télévision, il fut auteur de scénarios et développa quelques intrigues pour des téléfilms. En 2004, il conçut et réalisa le documentaire Los últimos gaiteiros de La Habana (Les derniers joueurs de cornemuse de La Havane) avec lequel il obtint le prestigieux prix international du journalisme « Rey de España ». La même année, Daranas réalisa le téléfilm La vida en rosa (La Vie en rose) dont il écrivit également le scénario. Avec sa critique sociale incroyablement surréaliste, l’oeuvre se plaça rapidement au rang de film culte et se vit offrir de nombreuses récompenses dans les festivals. L’oeuvre de Daranas tourne toujours, sous une forme ou une autre, autour des soucis des gens de La Havane, avec des thèmes comme la prostitution, la misère ou encore l’absence du père, qui imprègnent la société cubaine.
Parmi ses films récents figurent Los dioses rotos (Les dieux brisés), Conducta (Conduite) et Sergio y Serguei (Serge et Seguei).
“Éloge de Fidel Castro”. Un texte de Reinaldo Arenas
L’écrivain Reinaldo Arenas a écrit son « Eloge de Fidel Castro » en 1990, peu avant sa mort à New York.
Ce curieux article de l’écrivain cubain Reinaldo Arenas était resté inédit jusqu’à 2017. Il y a 18 ans, le quotidien français Libération en avait publié un bref extrait. Arenas l’avait écrit en mars 1990, peu avant sa mort, sur la proposition de Liliane Hasson, sa traductrice française, sa grande amie, la conseillère littéraire de ses exécuteurs testamentaires et sa rigoureuse biographe, dont le livre sera publié prochainement aux éditions Actes Sud. La prose débordante du romancier cubain est tempérée dans ce texte pour dessiner avec ironie et distance un portrait à la fois rétrospectif et prospectif de Fidel Castro. Il le dénude et le visite dans un « éloge » à la manière des grandes épigrammes. Nous nous trouvons devant un témoignage plus que d’actualité, écrit avec son meilleur style littéraire, et qui contient des vérités incontestables sur son positionnement politique et sa vision du drame cubain.
Les derniers mots de l’écrivain cubain Reinaldo Arenas
Cela fait 30 ans aujourd’hui que l’écrivain cubain dissident Reinaldo Arenas (juillet 1943-décembre 1990) est mort de sa propre main à New York. Arenas, qui souffrait du sida, s’est échappé de l’hôpital où il était hospitalisé pour sa maladie et s’est enfermé chez lui, où il a coupé toute communication avec le monde extérieur et où son assistant l’a trouvé mort, avec des instructions pour les personnes à appeler et sur son sort final.
L’acte d’écriture a été son principal outil de protestation contre les abus commis par le régime castriste. Ses dénonciations ont été constantes contre les mauvais traitements infligés aux homosexuels à Cuba, contre le manque de liberté et les pressions avec lesquelles le régime a réduit au silence ou forcé les écrivains à écrire en faveur du pouvoir établi. Il s’agit de thèmes récurrents dans toute son œuvre, qui englobe le roman, la nouvelle, les genres autobiographiques, l’essai, la poésie et le théâtre.
Les inconnues du prochain congrès du Parti communiste cubain
Les propositions visant à changer le nom du parti unique en Parti Fidéliste cubain sont réapparues de façon souterraine.
Le troisième jour du dernier mois de l’année, les conversations les plus fréquentes entre les Cubains portent sur la pénurie dans les marchés, les dates possibles de fin de la dualité monétaire, la dévaluation annoncée du peso, la hausse des prix, l’augmentation des salaires et les inconvénients du maintien des magasins controversés qui ne vendent qu’en monnaie librement convertible.










